LA tarte à la Bricaud passe mal

Guillaume Frouin

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Tout le monde n'aime pas la chantilly. Six opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont été entendus hier à la gendarmerie de Nantes, après l'entartage, le 1er octobre, de Claude Bricaud. Le vice-président (PS) du conseil général de Loire-Atlantique, délégué à l'action foncière, avait reçu cinq assiettes de crème chantilly en pleine tête à la fin d'une réunion sur le démembrement agricole à la mairie de Notre-Dame-des-Landes. Trois autres opposants avaient déjà été convoqués le 17 décembre, pour avoir mis en ligne la vidéo sur Dailymotion et YouTube.

Pas rancunier, l'élu avait offert quelques semaines plus tard une tarte aux fruits à ses détracteurs, lors d'une autre manifestation. Avant, finalement, de porter plainte « sur les conseils de Patrick Mareschal [le président du conseil général de Loire-Atlantique] », avait-il confié à 20 Minutes mi-décembre. « Je leur reproche de s'en être pris à un élu dans l'exercice de sa mission. » Hier, dans un communiqué du département, Claude Bricaud a refusé de retirer sa plainte, comme le lui demandait le comité de soutien aux entarteurs.

Il s'est étonné, au passage, de l'appartenance de la Confédération paysanne (sans la citer) à ce comité de soutien. Le syndicat agricole, qui fait partie du collectif des opposants à l'aéroport, avait publiquement dénoncé l'entartage de l'élu. « Il y a eu chantage aux subventions s'ils ne désavouaient pas publiquement l'action », rétorque Karine Plantier, porte-parole du comité de soutien. ■