Coronavirus à Nantes : Sur le campus, la pause déjeuner des étudiants vire au casse-tête

VIE ETUDIANTE Le protocole sanitaire en vigueur dans les espaces de restauration a divisé le nombre de places assises par deux

Julie Urbach

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Des étudiants patientent devant le restaurant universitaire du Tertre, à Nantes,le 23 septembre 2020
Des étudiants patientent devant le restaurant universitaire du Tertre, à Nantes,le 23 septembre 2020 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Depuis la rentrée aux heures de pointe, de longues files d'attente se forment devant les restos U et cafétérias de l'université de Nantes.
  • Pour pallier un nombre de places assises divisé par deux, le Crous a décidé d'élargir les horaires de service.

« On fait quoi, on tente le coup ou pas ? » Devant la longue file d’attente qui serpente jusqu’au tram, ce groupe de jeunes filles semble hésiter. Il est 12h30 et déjà, près d’une centaine d’étudiants masqués patientent devant l’entrée du restaurant universitaire du Tertre, sur le campus de l’université de Nantes. Cette armée de ventres affamés va devoir prendre son mal en patience. « La dernière fois, ça n’avançait pas, j’ai lâché l’affaire au bout de dix minutes, raconte Léa, étudiante en sociologie. Le souci, c’est qu’aux heures de pointe, c’est partout pareil. »

Alors que le coronavirus a chamboulé l’organisation des cours, la pause déjeuner n’a pas été épargnée. Les craintes du Crous des Pays-de-la-Loire, qui redoutait « un problème d’accueil », semblent se confirmer. Il faut dire qu’en plus du nouveau menu à 1 euro qui attire les étudiants boursiers, le nombre de places assises dans les restos U et les cafétérias (qui semblait déjà insuffisant à Nantes avant ces mesures) a été divisé par deux. « En raison du protocole sanitaire, un siège doit être laissé libre entre chacun, et il faudra s’installer en diagonale », avait annoncé à la rentrée Corinne Vadé, la directrice. Dans les restos U, le surplus de chaises a été retiré. Et des étudiants aux t-shirts rouges, spécialement embauchés pour faire respecter les règles de distanciation et gérer les flux, font des rondes.

« On a envie de se retrouver »

Attablés en quinconce, Juliette, Fanny, une autre Fanny et Benjamin terminent leur plat en sauce. Après avoir été enjoints de se laver les mains au gel hydroalcoolique, les quatre chanceux ont réussi à dénicher une table sans trop attendre, grâce à l’astuce qui se refile entre étudiants : « arriver au maximum à 11h45 ». Pourtant, ils ne semblent pas totalement réjouis. « C’est relou de devoir s’espacer, s’accordent ces copains, inscrits dans des filières différentes. On a envie de se retrouver pour discuter mais on est trop loin ! ».

Pour gagner en convivialité, d’autres se font moins exigeants sur le menu et préfèrent l’option cafet. « Il y a du monde mais ça va plus vite, estiment deux étudiantes en droit, qui sortent de l’Space avec leurs sandwichs. Pour l’instant on mange dehors, sur un banc ou dans l’herbe. Ce sera moins pratique quand la pluie sera de retour. » Alexandre, étudiant en sciences du langage, n’en aura pas le temps. « Je n’ai que 30 minutes de pause donc ce n’est pas la peine, estime le jeune homme, qui a voulu tenter sa chance au Pôle Etudiant, lui aussi bondé. Tant pis, j’attendrai la fin du cours, à 15h, pour me trouver quelque chose à manger. »

Pour offrir davantage de solutions à ces étudiants, le Crous a ouvert cette année une nouvelle cafétéria dans le département Staps. Mais il a surtout décidé d’élargir les horaires, avec un service de 11h à 14h, contre 11h30 à 13h30 auparavant. Fort est de constater que les adaptations d’emplois du temps demandées aux établissements n’ont pas encore été suivies d’effets. Au restaurant universitaire Ricordeau du centre-ville, vers 13h50, le hall est complètement vide. « Nous servons encore, confirme pourtant un agent. Le problème c’est que tous les étudiants sont déjà repartis en cours. »