Une halte de nuit expérimentale plus souple

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Elle a été inaugurée entre Noël et le 1er de l'An par la ministre du Logement, Christine Boutin. Depuis dix jours, une halte de nuit expérimentale accueille les SDF amenés par le SAMU social, non loin du gymnase Emile-Morice. Ici, les règles de vie se veulent plus souples que dans les foyers d'hébergement d'urgence traditionnels. « On accepte les personnes en état d'ébriété, tout comme les chiens muselés et tenus en laisse », explique Christian Noirbusson, président des Eaux vives, l'association qui porte le projet. « Ailleurs, quand les chiens sont acceptés, c'est uniquement en chenil. Or une grande partie de sans-abri refusent de se séparer de leur animal. »

Les SDF accueillis ne sont pas non plus obligés de rester toute la nuit. Ils peuvent repartir de la halte quand bon leur semble, après avoir pris un café, joué à des jeux de société ou pris une douche. Des transats leur permettent aussi de se reposer. « On touche de cette manière les personnes les plus éloignées de la réinsertion sociale, ceux qui fuient les maraudes », est convaincu Lambert Van Dinteren, chef de service auprès des Eaux vives.

Reste que la question de la pérennité de l'expérience, prévue pour durer trois mois, est posée. Lors de sa venue, Christine Boutin a toutefois « engagé sa parole ». « Il y aura les crédits pour 2009 », avait promis la ministre. « On ne peut pas donner de l'espoir aux gens, puis tout arrêter », l'avait prévenue les responsables de l'association. ■G. F.