Match contre le froid au gymnase

Guillaume Frouin Photos : Jean-Sébastien évrard

— 

Les quarante-deux lits de camps sont disposés entre les paniers de basket et les buts de hand. Depuis mardi soir, le gymnase Emile-Morice, sur l'île de Nantes, s'est transformé en refuge pour mal-logés transis de froid. Pour sa première nuit, il a accueilli dix-huit personnes, parmi lesquelles Sylvie-Sandrine. Cette Centrafricaine de 20 ans est restée le lendemain partager le repas proposé par la Protection civile de Loire-Atlantique. La jeune femme, en demande d'asile, tremble comme une feuille devant son bol de soupe chaude. « Avant, j'étais dans un foyer à Beaulieu, mais j'ai dû partir parce que je buvais beaucoup d'alcool », confesse-t-elle. Hébergée un temps par une connaissance, elle a préféré fuir sous les coups de son hôte.

Assis à la même table, Alan, 18 ans, dévore, lui, un donut au chocolat devant une tasse de café. En rupture avec ses parents séparés, il a appelé le 115 pour la première fois, après que sa caravane a été mise en fourrière. « Si on ne m'avait pas amené ici, j'aurais volé une voiture pour dormir dedans », pense le jeune homme. Mais aujourd'hui, la priorité, pour ce cuisinier de formation, est de trouver un travail. Hier matin, il avait ainsi déjà déposé un peu partout en ville trente des cinquante CV qu'il avait imprimés. « Venir ici, c'est un peu la honte, même si une fois à l'intérieur, on se sent à l'aise », explique-t-il. Le gymnase doit normalement fermer ses portes ce matin, sauf en cas de nouvelle chute des températures. ■