Nantes : La police crée une brigade spécialisée dans les violences conjugales

SOCIAL La police nationale revoit son dispositif pour accélérer les enquêtes face à la hausse des violences conjugales

Frédéric Brenon
— 
Une policière et une psychologue du bureau d'aide aux victimes, à l'hôtel de police de Nantes. Toutes deux travaillent pour la brigade spécialisée dans les violences conjugales.
Une policière et une psychologue du bureau d'aide aux victimes, à l'hôtel de police de Nantes. Toutes deux travaillent pour la brigade spécialisée dans les violences conjugales. — F.Brenon/20Minutes
  • Cinq policiers spécialisés dans les violences conjugales sont réunis au sein d'une nouvelle brigade spécialisée.
  • Objectif: apporter une aide rapide aux victimes et faciliter le dépôt de plainte.

Confrontée depuis plusieurs années à une augmentation des violences conjugales en Loire-Atlantique, la police nationale a décidé de se réorganiser pour « accélérer le travail d’enquête » et faciliter le dépôt de plainte. Voilà pourquoi une brigade spécialisée dans ce type de violences a été créée début septembre au sein du commissariat central de Nantes. Composée de cinq policiers enquêteurs (bientôt six), elle reçoit aussi le concours d’un psychologue et d’une intervenante sociale. Objectif : créer un « lien de confiance » pour « apporter la réponse la plus rapide possible » aux victimes.

« Elles parlent avec beaucoup d’émotion, sont parfois confuses, hésitent à aller plus loin dans la procédure. Les conséquences sur leur vie personnelle, sur leurs enfants, peuvent être lourdes. Avoir des interlocuteurs spécialisés à leur écoute est donc extrêmement important », explique la commissaire Mathilde Lechauve, cheffe de la sûreté départementale, laquelle rappelle que « c’est par l’enquête policière qu’on fera avancer les choses ».

Compte tenu du volume de dossiers déposés, la brigade spécialisée se concentrera d’abord sur les situations « les plus dangereuses ». « Ile ne se passe pas un seul jour sans qu’il n’y ait un dépôt de plainte ou une garde à vue pour ce type de faits », déplore le commandant Stéphane Bassaler. Les victimes sont majoritairement des femmes mais « de plus en plus d’hommes osent dire qu’ils sont touchés ». Les réponses apportées, en lien avec la justice, peuvent se traduire par l’éloignement du conjoint violent ou par la remise d’un Téléphone grave danger, par exemple.

Au-delà de cette brigade spécialisée, les policiers affectés à l’accueil sont également formés à la prise en charge spécifique des victimes de violences conjugales. La police nationale est, par ailleurs, présente chaque jeudi matin à Citad’elles, lieu refuge pour les femmes victimes de violences ouvert depuis fin novembre 2019 à Nantes.