«C'est un officier français, il n’est pas devenu un tortionnaire»

JUSTICE Un lieutenant nantais est incarcéré pour la mort d’un de ses soldats...

F.B. à Nantes

— 

Depuis un mois, un jeune lieutenant nantais de la Légion étrangère se trouve en détention provisoire à la prison de la Santé. Le chef d’inculpation est lourd: actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les faits sont graves et remontent au 5 mai dernier.

Au cours d’une marche d’entraînement de plusieurs heures dans le désert de Djibouti, un légionnaire slovaque de 25 ans décède. Il aurait auparavant essuyé plusieurs coups et insultes de la part de gradés et aurait été privé d’eau malgré la très forte chaleur.

Médéric B., 26 ans, commandait la section d’une trentaine d’hommes. Après avoir obtenu son bac dans un lycée public nantais, cet officier, dont la famille habite toujours en centre-ville, avait brillé à Saint-Cyr puis choisi la Légion. Il dirigeait ce 5 mai son premier exercice.

Radiation de l’armée soumise à Sarkozy

«La détention du Lieutenant B. est injustifiée. Elle a été décidée tardivement, pour les besoins de l’enquête, estime Alexandre Varaut, son avocat. Quand mon client aura été entendu par le juge d’instruction, il n’y aura plus de raisons de le maintenir en prison. Une rencontre est prévue dans un délai bref. Je suis optimiste.»

Au-delà de la remise en liberté, l’avocat réclame que la qualification des faits soit revue. «Médéric ne nie pas qu’il a commis des fautes. Mais la qualification retenue est bien trop excessive. C’est un officier français, il n’est pas devenu du jour au lendemain un tortionnaire ou un barbare! Le dossier est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît, en particulier parce que les causes de la mort sont encore incertaines. Il y a eu un concours de circonstances malheureux et de multiples responsabilités.»

Dans les rangs de l’armée, l’affaire a particulièrement «choqué». Une demande de radiation est en cours. Nicolas Sarkozy se prononcera bientôt, seul le président de la République pouvant prendre une telle décision. En attendant, à la prison de la Santé, le lieutenant B. a déjà reçu plusieurs centaines de lettres. Et pas forcément que des injures ou messages de honte. «Toute sa promotion de Saint-Cyr lui a apporté son soutien», assure Alexandre Varaut.

Poursuites

Outre Médéric B., un sergent et un caporal de la Légion étrangère ont été mis en examen pour le même chef, passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Un autre caporal, aussi soupçonné de violences, est toujours en fuite.