SOS Médecins recadré par ses pairs

Guillaume Frouin

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Carton jaune. La chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Loire-Atlantique a infligé un blâme aux trente-sept urgentistes de l'antenne nantaise de SOS Médecins, dans un jugement dont 20 Minutes a eu copie hier. Dans cette affaire, jugée en octobre, l'organisme reprochait à l'association d'avoir ouvert sans son autorisation un centre de consultation fixe à Rezé-Ragon, où un membre assure la permanence des soins la nuit et le week-end. Le jour de l'audience, SOS avait décidé de ne plus répondre au 36 24 pendant vingt-quatre heures, une première en trente ans d'existence.

« Ce blâme est absolument inacceptable », réagit Patrick Guérin, président de SOS Médecins, qui a fait appel de la décision. « On nous reproche en clair de ne pas avoir fait génuflexion. » « Cette Maison de garde va être pérennisée, il n'était pas question de la fermer, mais de savoir qui commande, souligne pour sa part Jean-Louis Clouet, président de l'Ordre des médecins. Si nous avions été concertés, nous l'aurions plutôt ouverte au Loroux-Bottereau ou à Basse-Goulaine, où les besoins sont plus importants qu'à Rezé. »

En attendant, le concept des SOS Médecins inspire l'Ordre, qui planche sur un projet de « médecins mobiles » dans les zones rurales de Loire-Atlantique. Répartis en six secteurs, ceux-ci iraient la nuit au domicile des malades. « Cela permettrait de faire faire des économies à la Sécurité sociale, car certains patients ne seraient plus inutilement transportés à l'hôpital en ambulance », pointe Jean-Louis Clouet. Une réunion avec les bailleurs de fonds est pour cela prévue aujourd'hui. ■