Nantes : Pourquoi se fait-on « bouffer » par les moustiques en ce moment

ENVIRONNEMENT Les Nantais se plaignent d'une recrudescence de moustiques et de piqûres qui vont avec depuis plusieurs jours

Frédéric Brenon

— 

Un moustique en plein repas (illustration).
Un moustique en plein repas (illustration). — P.Huguen/AFP
  • Les moustiques sont virulents depuis quelques jours, en particulier sur les bords de Loire.
  • Le principal suspect est l’aedes caspius, un moustique « agressif » capable de migrer.

« On se fait bouffer ! » Les témoignages de Nantais se plaignant d’une invasion de moustiques se multiplient ces derniers jours. Les habitants des bords de Loire semblent les plus sujets aux attaques et aux piqûres qui vont avec, parfois même en pleine journée. De quoi gâcher les apéros et moments de détente de ceux qui pensaient profiter du beau temps après un mois d’août franchement décevant.

Un phénomène qui n’a « rien d’anormal sur l’estuaire » selon Michel Marjolet, membre du conseil scientifique de l'agence nationale pour la démoustication et la gestion des espaces naturels (Adege), même si on est « probablement sur un épisode particulièrement important ».

« Capable de migrer sur plusieurs dizaines de kilomètres »

Les pluies abondantes de la fin août, les marées et une chaleur supérieure à la normale ont créé des « conditions optimales » pour la reproduction de l’aedes caspius, principal suspect de l’invasion en cours, alors que la famille des moustiques compte plusieurs dizaines d’espèces en France.

« C’est un moustique anthropophile très agressif, c’est pour ça que les gens se manifestent beaucoup, explique le spécialiste. Il évite le cagnard mais pique volontiers en pleine journée. Il pond entre 300 et 400 œufs sur un substrat qui va être recouvert par l’eau, des prairies de bord de Loire par exemple. Et il va être capable de migrer sur plusieurs dizaines de kilomètres quand les vents lui sont favorables. Le moustique qu'on voit sur les terrasses nantaises peut donc venir de loin. »

« Il pourrait y avoir une seconde vague »

S’il peut être confondu avec le moustique tigre (aedes albopictus, également présent en Loire-Atlantique) en raison de ses rayures, l’aedes caspius n’est, lui, « pas vecteur de maladie pour l’homme ». Seule la femelle pique et elle ne le fait qu’une fois, « sauf si elle a été dérangée ». Sa piqûre peut toutefois être douloureuse. « Il faut essayer de ne pas gratter pour éviter la surinfection », conseille Michel Marjolet, médecin retraité.

Les Nantais pourront-ils rapidement chiller en terrasse sans être attaqué ? Pas sûr. Des grandes marées (coefficient 113) sont attendues samedi. « L’eau va remonter. Si la température se maintient, il pourrait y avoir une seconde vague une quinzaine de jours après. »

Repéré depuis deux ans en Loire-Atlantique, le moustique tigre serait toutefois encore peu répandu. Transmetteur potentiel de maladies telles que la dengue ou le chikungunya, il fait l’objet d’une surveillance par l'agence régionale de santé (ARS). De petite taille, il pique surtout le jour.