Nantes : Des policiers nationaux supplémentaires arrivent, trop peu nombreux selon la mairie et les syndicats

SECURITE Quarante-huit postes de policiers ont été créés à la direction départementale de Loire-Atlantique

Julie Urbach

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Des policiers nationaux supplémentaires sont arrivés à Nantes, ce mardi
Des policiers nationaux supplémentaires sont arrivés à Nantes, ce mardi — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Ce mardi, des policiers supplémentaires ont rejoint Nantes et la Loire-Atlantique.
  • Des effectifs encore insuffisants, pour la mairie et les syndicats policiers, qui en réclamaient davantage.

Ils étaient plusieurs dizaines d’hommes et de femmes, en tenue et masqués, réunis dans la cour d’honneur du commissariat Waldeck-Rousseau. Mardi, la direction départementale de la sécurité publique de Loire-Atlantique a accueilli de nouveaux policiers venus grossir ses rangs et porter l'effectif à 1.175. « Ils sont 69 à nous rejoindre, se félicite le nouveau préfet Didier Martin, qui s’est adressé à eux lors d’une cérémonie solennelle. Le solde net est de 48 créations de poste ». La grande majorité (42) sera affectée à Nantes, mais tous ne seront pas sur le terrain. Plus de la moitié de ces nouveaux venus devraient exercer de nuit.

Si ces chiffres nécessitent d’être aussi détaillés, c’est que l’attente est vive en matière de sécurité dans la Cité des ducs. Et notamment au sujet de lutte contre les rodéos urbains, violences conjugales, cambriolages ou trafics de drogue, parmi les priorités qu'a rappelées ce mardi le patron de la police Benoît Desferet. Le maintien de l’ordre, dans une ville où les manifestations ont été nombreuses ces dernières années, fera aussi partie des missions des nouvelles recrues, qui devront faire preuve « de déontologie et de respect des procédures », a demandé le préfet.

« En ce qui concerne les atteintes aux biens et aux personnes, la pression de la délinquance reste très forte malgré le nombre croissant d’interpellations réalisées, continue Didier Martin. Il faut consolider les efforts et les amplifier. » Car selon les chiffres de la préfecture communiqués ce mardi, la situation se serait améliorée en un an, le confinement ayant certainement aidé : - 21,27 % pour les atteintes aux biens (18.137 faits en 2020 contre 23.036 en 2019) et - 4,12 % pour les atteintes volontaires à l’intégrité physique (4.537 faits contre 4.732 en 2019). 

«Bien loin des besoins»

Beaucoup, comme récemment un collectif de professionnels de la nuit, ont pourtant l'impression que la situation qui se dégrade. « On fait face à une délinquance galopante, assure de son côté Arnaud Bernard, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance. La population augmente et les faits divers aussi. Les fusillades sont de plus en plus récurrentes. En quelques jours, nous avons eu deux homicides... [un jeune homme retrouvé mort à Saint-Sébastien et une adolescente violée et tuée à Nantes fin août] »

Ces policiers supplémentaires suffiront-ils à enrayer la courbe ? «  Il y a davantage d’arrivées qu’à la rentrée dernière, mais je n’appelle pas ça des renforts, estime Laurent Le Tallec, pour Unsa Police. Aujourd’hui, on est submergés, on ne peut plus intervenir sur certaines missions, ou alors avec des délais difficilement acceptables pour les victimes ! On est bien loin des besoins : selon nos calculs, il nous faudrait encore 60 ou 70 agents de plus. »

«Une étape» pour Johanna Rolland

Soixante-dix, c’est aussi le nombre de policiers nationaux que réclame à l’Etat Johanna Rolland. La maire (PS) de Nantes, qui a de son côté promis de recruter le même nombre de policiers municipaux et de mettre en place une police de sécurité des transports a jugé ce mardi qu’il ne s’agissait que d’une « étape » pour sa ville, « historiquement sous-dotée en forces de police au regard de sa population » (selon la préfecture, 93 effectifs ont été ajoutés en six ans).

Elle a également de nouveau réclamé la création à Nantes d’un service régional de police judiciaire (SRPJ) à Nantes, demande partagée par certains syndicats. « Là aussi il faut des moyens, c’est urgent, observe Arnaud Bernard. Il y a aussi une réelle souffrance chez les enquêteurs de la police judiciaire ».