La justice leur a trouvé un stage

Guillaume Frouin - ©2008 20 minutes

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Depuis le mois dernier, les petits consommateurs de cannabis arrêtés en Loire-Atlantique peuvent se voir proposer un « stage de sensibilisation aux dangers des stupéfiants ». Une sanction alternative, censée être plus efficace qu'une amende avec sursis ou un travail d'intérêt général. « Au tribunal correctionnel, ils sont jugés en dix minutes, d'où ils sortent sans vraiment comprendre leur peine », explique Monique Thoral, l'une des responsables de l'Association d'action éducative (AAE), chargée par le parquet de Nantes de la mise en oeuvre des stages. « Ici, ils restent pendant deux jours, durant lesquels ils ont le temps de cogiter sur leur consommation. »

Mardi et mercredi, dans une salle municipale de Rezé, neuf garçons se sont ainsi fait présenter les dégâts que cause le cannabis sur la santé et la vie en société (famille, travail...). Interpellés pour la première fois, la plupart ont pris des jours de vacances ou un congé sans solde. Le montant du stage (230 euros) est à leur charge, soit le prix d'une amende. Ils ont obtenu en contrepartie l'abandon des poursuites et le stage ne figurera pas à leur casier judiciaire.

« Leur nom reste inscrit au Stic (Système de traitement des infractions Constatées), au cas où ils récidiveraient », précise toutefois Ivan Auriel, procureur adjoint.

« Ce stage ne va pas me faire arrêter du jour au lendemain, mais ça va peut-être me faire réfléchir », concède Olivier, un vendeur de 27 ans, arrêté alors qu'il circulait à scooter il y a deux mois avec 8 g de résine sur lui. « J'arrêterai quand j'aurai une bonne situation », pense de son côté Damien, 18 ans, intérimaire dans le BTP au chômage, qui s'estime « plus ou moins dépendant ». Pour les aider à s'en sortir, médecins et infirmiers les réorientent donc vers des associations spécialisées ou le service d'addictologie du CHU. En espérant leur éviter la rechute.