Coronavirus à Nantes : La crise « a renforcé la pertinence » du projet de nouveau CHU, estime le nouveau directeur

SANTE Le tout nouveau directeur du CHU de Nantes, Philippe El Saïr, défend le projet de transfert sur l’île de Nantes

Julie Urbach

— 

Du personnel soignant pendant la crise du Covid-19, au CHU de Nantes, le 19 mai 2020.
Du personnel soignant pendant la crise du Covid-19, au CHU de Nantes, le 19 mai 2020. — L.Venance/AFP
  • Le CHU de Nantes, composé actuellement de neuf sites, doit entamer son transfert sur l’île de Nantes.
  • Le nouveau directeur a répondu aux critiques, notamment autour de la suppression de lits que le projet prévoit.

Le projet de nouveau CHU sur l’île de Nantes sera-t-il amendé à l’aune de la crise sanitaire que le pays vient de vivre ? Alors que certains opposants demandent plus que jamais un moratoire, le son de cloche est évidemment très différent à la direction du CHU. Mercredi, le tout nouveau directeur général Philippe El Saïr, 52 ans, a estimé au contraire que la crise avait « renforcé la pertinence du projet île de Nantes ». « La question capacitaire se pose, admet l’ancien directeur du CHU de Brest. Il faudra prendre du temps pour y apporter une réponse, mais elle ne doit ni ralentir ni fragiliser ce projet fantastique. »

Le nouveau CHU, dont la première pierre doit être posée en fin d’année, prévoit notamment d’augmenter de 10 % la place de l’ambulatoire en supprimant au moins 200 lits d’hospitalisation, et uniquement des chambres individuelles. « Des objectifs fixés il y a dix ans qui ne sont pas déraisonnables, même s’ils pourront être actualisés compte tenu de la poussée démographique considérable et du vieillissement de la population », commente Philippe El Saïr.

Karim Asehnoune, nouveau président de la commission médicale d’établissement du CHU de Nantes, défend lui aussi le projet en mettant en avant les lourdeurs organisationnelles de l’actuel hôpital, composé de neuf sites. « Les plateaux de réanimation seront rassemblés, ce qui évitera les transports très lourds en ambulance du Samu que nous avons dû organiser. Actuellement, on a des scanners et des IRM sur divers sites, une cardio à 10km des urgences… Ça se passe de commentaires ! Les oppositions qui se manifestent vont à l’encontre de notre territoire. »

La prime Covid ne sera pas distribuée à tous

Reste à calmer les inquiétudes qui se manifestent ça et là, sur ce sujet comme celui plus généralement des moyens. En complément des mesures issues du Ségur de la santé, Philippe El Saïr a promis qu’il irait à la rencontre des personnels à la rentrée, pour « imaginer localement » des solutions en matière de conditions de travail. Au sujet des arrêts de travail, qui ont augmenté notamment l’an dernier au CHU, il promet par exemple de se pencher sur la question des « rappels sur repos ».

Mais ce que demandent d’abord les syndicats, c’est que tous les personnels puissent bénéficier de la fameuse prime Covid de 1.500 euros. « Il y a un plafond national fixé à 40 % du personnel, répond le directeur. Je conçois que certains aient un ressenti d’injustice mais la direction a fait tout ce qui était possible, au vu de ses marges de manoeuvre. »