Nantes : La nouvelle présidente de l’université veut « revoir les étudiants en amphi » dès la rentrée

FAC Carine Bernault, 47 ans, a été élue à la tête de l’établissement universitaire mercredi

Julie Urbach

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Carine Bernault, la nouvelle présidente de l'université de Nantes
Carine Bernault, la nouvelle présidente de l'université de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Dans un contexte de crise sanitaire, l’université a élu sa nouvelle présidente, mercredi.
  • « Ma première préoccupation est celle que les cours reprennent comme habituellement », indique Carine Bernault.

« Il n’y a rien de pire qu’un campus sans étudiant ! » C’est pourtant bien ce que vit l’université de Nantes, dont les portes sont fermées depuis le 16 mars dernier, en raison de l’épidémie de coronavirus. Elue mercredi à la tête de l’établissement de 38.000 étudiants, Carine Bernault veut croire que la situation ne sera plus la même à la rentrée, alors que l’incertitude plane quant aux modalités de reprise des cours, jusqu’ici organisés à distance comme les examens.

« Nous travaillons à une rentrée normale, indique la professeur de droit âgée de 47 ans, qui a pris la succession d’Olivier Laboux. Ma première préoccupation est celle que les cours comme habituellement, revoir les étudiants dans les amphis, même s’il y a des paramètres que nous ne maîtrisons pas. Le distanciel ne deviendra pas une norme que l’on imposerait à tout le monde. »

De quoi tenter de rassurer une partie de la communauté éducative qui craint que la crise ne serve d’accélérateur aux cours à distance, alors que l’université prépare tout de même un plan B. Un plan d'urgence numérique prévoyant des équipements de captation vidéo et du matériel de prêt pour les étudiants vient d’être voté.

Précarité étudiante, démocratie universitaire…

Au-delà d’une rentrée universitaire particulière, la nouvelle présidente aura d’autres défis à relever pendant ces quatre prochaines années. En plus de celui de remettre le projet de Nouvelle université sur les rails, elle promet de prendre à bras-le-corps la problématique de la précarité étudiante, là aussi exacerbée pendant la crise. « Nous créerons une maison des solidarités sur le campus, une porte d’entrée unique où les étudiants pourront trouver tous les dispositifs d’aide, annonce Carine Bernault. Des engagements financiers seront aussi pris. »

Mais après plusieurs années marquées par des mouvements sociaux ou mobilisations étudiantes, Carine Bernault espère aussi apaiser le climat qui a parfois été tendu sur le campus nantais, entre blocus et choix de la présidence de  fermer les locaux. « Un des leviers est celui de la démocratie universitaire, indique celle qui été auparavant première vice-présidente. Il faut arriver à la faire vivre, et ce pas uniquement pendant les élections. » Le professeur de sciences politique Arnaud Leclercq a été missionné pour faire des propositions afin de réussir à créer une véritable « communauté universitaire ».