Voyage au bout de l'ennui à bord de la ligne 75

- ©2008 20 minutes

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Avec ses horaires impossibles à retenir, ses fréquences aléatoires et un terminus à géométrie variable, la ligne 75, qui dessert Doulon, Bottière-Chênaie et Sainte-Luce, n'est pas un modèle de praticité. « Il m'est déjà arrivé de faire tout le trajet à vide », raconte ainsi Pascal, 40 ans, au volant du vieux bus Heuliez. « Cette ligne est trop excentrée, les gens préfèrent prendre leur voiture... Au final, c'est terrible : on a un bus vide, empêtré dans les embouteillages. »

Ce mercredi après-midi, jour déserté par les scolaires, Adrien est ainsi l'un des sept passagers embarqués sur les neuf kilomètres qui séparent les deux terminus, Notre-Dame-de-Toutes-Aides et Bournière. « Le matin, aux heures de pointe, tout le monde est debout, le conducteur refuse même des gens », raconte ce collégien de 13 ans. « En revanche, en journée, il m'arrive d'attendre le bus pendant une heure à La Colinière. » Fabrice, 48 ans, ne dit pas autre chose. « Le samedi, le service est un peu court pour se rendre en centre-ville », assure ce maître d'hôtel. « Du coup, ces jours-là, j'appelle Proxitan, le service de transport à la demande de la TAN. » Nicole, elle, utilise la 75 en semaine. Habitant près de Pornic, elle combine chaque jour TER, tram et bus pendant 1 h 30 pour se rendre à son travail. « Les lignes 75, 92 et 71 font pratiquement le même trajet aux mêmes heures, c'est ridicule », s'agace cette quinquagénaire, qui préfèrerait voir les cadences « mieux réparties ».

Prix du carburant, salaires des chauffeurs... La question de la viabilité économique de ce type de lignes se pose aussi. « Elle a aussi une utilité sociale », fait remarquer Pascal, le conducteur. « En journée, la ligne est très utile aux personnes âgées qui veulent faire leurs courses. »

G. F.