A Nantes, un mouvement lycéen naît dans la tension

MANIF Pour résumer, ils manifestent «contre la casse de l'Education nationale»... Dans le détail, ils refusent en vrac «la réforme du bac», «les suppressions de postes d'enseignants» ou encore «le baccalauréat unique»...

Guillaume Frouin - ©2008 20 minutes

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Pour résumer, ils manifestent «contre la casse de l'Education nationale». Dans le détail, ils refusent en vrac «la réforme du bac», «les suppressions de postes d'enseignants» ou encore «le baccalauréat unique».

Plusieurs centaines de jeunes ont tenté hier de bloquer, avec plus ou moins de succès, une dizaine de lycées nantais. «On a fait voter les élèves pour légitimer le mouvement, qui a été approuvé à 95%», affirme Titouan Nogue, élève de Première ES favorable au blocus de la cité scolaire Gaspard-Monge-La Chauvinière. «Le but, ce n'est pas de rater des cours», insiste le jeune homme. «Si c'était ça, je ne me serais pas levé à 4 h 45 pour prendre mon bus... Seulement, la casse de l'Education nationale est trop grave pour qu'on reste les bras croisés.»

A proximité du lycée, une supérette a vu une de ses portes brisée, et ses chariots déplacés. «Des intrus ont tenté de la piller, mais ils étaient extérieurs au mouvement», précise Titouan Nogue.

D'autres débordements ont eu lieu au lycée La Colinière, où «deux cents jeunes, lycéens ou non, ont déclenché l'alarme, déversé des extincteurs dans les classes, aspergé des professeurs et des élèves et détruit des manuels scolaires», rapporte l'académie de Nantes, dont le recteur a «condamné avec la plus grande fermeté» ces agissements. Des poubelles ont également été renversées sur la chaussée aux abords du lycée professionnel Michelet, des palettes mises à feu et la vitre d'un tram brisée. Des débordements ont également été signalés au lycée Clemenceau.

En attendant, les lycéens mobilisés ont reçu ici et là le soutien de certains de leurs enseignants et de leurs syndicats. Le rectorat avait pourtant cru prendre les devants, en créant vendredi une adresse e-mail* pour recueillir les doléances des intéressés... Les élèves étaient eux invités à passer par leurs délégués. Manifestement, ce n'est pas gagné.

* reforme.lycee@ac-nantes.fr