Déconfinement à Nantes : Après s’être pris « un mur d’inactivité », la Cité des congrès est à la relance

SPECTACLE A cause de la crise sanitaire, la Cité des congrès a subi une perte de chiffre d’affaires de 60 % par rapport l’année 2019

David Phelippeau

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La Cité des congrès de Nantes.
La Cité des congrès de Nantes. — D.P. / 20 minutes
  • En raison du coronavirus, aucun événement n’a pu se tenir à la Cité des congrès depuis mars.
  • Le lieu emblématique nantais, qui sert à accueillir des spectacles et des congrès, a subi une perte de chiffre d’affaires de 60 % par rapport l’année 2019.
  • Denis Caille, le directeur général, est optimiste pour la relance des événements (pour la plupart reportés) sur le second semestre.

« Cela nous a fait du bien de revoir du monde… » Voilà comment, ce jeudi, Denis Caille, le directeur général de la Cité des congrès, a conclu la conférence de presse de relance de l’équipement nantais. Il faut dire que la Cité des congrès est désespérément vide depuis la mi-mars et le début du confinement. « On s’est pris un mur immédiat d’inactivité », reconnaît Denis Caille. Cent événements – congrès et spectacles – devaient avoir lieu entre mars et juillet, aucun n’a pu se tenir. Ce qui représente pour la Cité des congrès une perte de chiffre d’affaires par rapport à 2019 de 60 %, soit quatre ou cinq millions d’euros.

« Notre situation financière est saine », rassure le DG, avec notamment un chiffre d’affaires de 11,5 millions en 2019 et un peu plus de 20 millions d’euros en 2018, « une année hors-norme ». L’heure n’est donc pas à l’inquiétude. « On est pragmatique et conscient de la réalité, explique Denis Caille. On a une situation qui se présente avec de l’optimisme, avec beaucoup d’événements replanifiés. On espère que la pandémie diminue en intensité et ça a l’air d’être le cas, et on espère que les gens vont avoir envie de consommer de l’événement économique et du culturel. »

Encore un doute pour les spectacles, moins pour les congrès

Si le contexte sanitaire le permet, le public aura en tout cas le choix. Avec tous les reports, la Cité des congrès proposera sur le second semestre 114 événements (au lieu de 77 à la base) jusqu’en décembre. « On a un agenda plein, mais un agenda incertain », résume Denis Caille, qui précise que tous les protocoles sanitaires seront mis en place pour la sécurité de tous. Si les congrès dont celui sur la chaîne du froid en août devraient tous se tenir, un doute subsiste encore aujourd’hui sur les spectacles. « Les producteurs/tourneurs attendent des signaux forts de la part de l’état sur la manière de réunir du public et de faire que des artistes puissent su produire dans des lieux confinés. » Julie Zenatti (report de son concert d’avril) est en tut cas prévue pour ouvrir le bal culturel début septembre.

La Cité des congrès, qui imagine à l’avenir « des événements hybrides associant numérique et présentiel », annonce que « quel que soit le format qui sera retenu, les 20 ans des Utopiales seront bien maintenus fin octobre ». Tout comme la Nantes Digital Week en septembre.

Le projet d’extension suspendu

Un tableau optimiste noirci en début de semaine par l’annonce de Johanna Rolland, qui pour séduire Julie Laernoes (EELV) dans l’optique du second tour des municipales à Nantes, à accepter de suspendre le projet d’extension de la Cité des congrès. Les travaux étaient prévus pour débuter en 2023 pour une ouverture du nouveau bâtiment en 2026. Objectif : pouvoir accueillir davantage d’événements et une plus grande diversité. « Je m’interdis de répondre à ça, a répondu Denis Caille, interrogé sur cette volte-face de la maire de Nantes et ce coup d’arrêt pour le développement de la Cité des congrès. C’est un sujet d’échange politique. J’ai un avis, mais je le donnerai plutôt aux élus. »