Nantes : Cinq choses à savoir sur Petit-Breton, seul Nantais à avoir gagné le Tour de France

HISTOIRE David Guénel, écrivain nantais, vient de sortir une biographie de l'ancien champion de cyclisme d'avant Première Guerre mondiale, natif de Plessé

David Phelippeau

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Lucien Petit-Breton.
Lucien Petit-Breton. — David Guénel
  • David Guénel, écrivain nantais, vient de sortir une biographie de Lucien Petit-Breton, l’ancien champion de cyclisme d’avant Première Guerre mondiale.
  • Ce natif de Plessé est le seul Nantais à avoir remporté le Tour de France (deux fois, en 1907 et en 1908).

Quatre Bretons ont remporté le Tour de France : Bernard Hinault (5 fois), Louison Bobet (3 fois), Jean Robic (1 fois) et un certain Lucien Petit-Breton (2 fois). Le dernier nommé est peut-être le moins connu de tous. Mais, saviez-vous qu’il était originaire de la région nantaise ?  Lucien Petit-Breton est né en 1882 à Plessé en Loire-Atlantique.

David Guénel, écrivain nantais de 38 ans, vient de sortir « une autobiographie romancée » (Petit-Breton, gentleman cycliste) sur ce champion d’avant-Première Guerre mondiale, vainqueur de la Grande Boucle en 1907 et 1908. En s’appuyant notamment sur de nombreux articles de presse, différentes lectures et chroniques écrites par le coureur lui-même, mais aussi des entretiens avec les trois petits-enfants du champion de cyclisme, ce passionné « de vélo et d’histoire » rend hommage à celui qui a remporté le premier Milan-San Remo de l’histoire. David Guénel nous raconte cinq choses qu’il faut absolument connaître de cet homme « qui se considérait comme un Nantais » (il a gagné deux étapes du Tour à Nantes en 1907 et 1908).

Surnommé l’Argentin

« Lucien, qui est né à Plessé, est le cadet de la famille. Il a eu deux frères et deux sœurs. En 1888, ses parents émigrent à Buenos Aires en Argentine. Il ne les accompagne pas tout de suite en Amérique du Sud. Seules ses deux petites sœurs partent. Lucien reste avec ses deux autres frères à Avessac, près de Savenay, en Loire-Atlantique, chez son oncle. A 6 ans, il part les rejoindre jusqu’à l’âge de 19 ans. il sera d’ailleurs surnommé l’Argentin sur les routes. »

Il s’est donné un autre nom pour le vélo !

« Quand il annonce à son père son intention de courir, ce dernier est contre. Il trouve que c’est pour les saltimbanques le vélo ! Lucien fait quand une première course et il finit 2e sur 3… A l’arrivée, pour ne pas que son père sache qu’il a couru, il se donne un pseudonyme et annonce s’appeler Breton et non Mazan. Comme un autre coureur porte ce patronyme, il y a ajouté Petit. Ses deux frères ont aussi fait du vélo et ils ont couru sous le nom de Mazan. »

Il a pris une retraite sportive à 26 ans… avant de revenir sur le circuit

« A 26 ans, en 1908, lors de sa victoire sur le Tour au Parc des Princes à Paris, il annonce qu’il prend sa retraite sportive. Sa reconversion est toute trouvée. Il doit s’occuper d’un garage automobile à Périgueux. Mais, le vélo lui manque trop. En mai 1909, il replonge et court sur le premier Tour d’Italie. Il abandonne sur la première étape… »

Il a presque gagné le Tour 1913 !

« En 1913, il revient à son meilleur niveau. A deux étapes de la fin du Tour de France, il subit une grave chute qui le détruit lui et son vélo. Au général, il accuse une heure de retard sur le premier, Philippe Thys, mais ce dernier est aussi en grosses difficultés sur cette même deuxième étape. Le Belge finit même avec plus d’une heure de retard… Si Petit-Breton n’avait pas chuté, il aurait sans doute pris la première place et gagné ce Tour de France 1913. »

Une mort en 1917 « un peu bête »

« Lucien Petit-Breton est mort dans un accident de la route en 1917. Il servait la France à cette époque-là car il était chauffeur automobile pour la logistique de l’armée. Un jour, il allait voir sa femme à Troyes. Il a croisé la route d’un boucher qui conduisait une carriole à cheval. Ce dernier était ivre. Il a quitté sa voie et est arrivé à pleine vitesse face à la voiture de Lucien Petit-Breton. Il a réussi à changer de voie, mais le cheval pris de panique a fait la même chose. Lucien Petit-Breton s’est pris le timon de la charrette et est décédé. Il est enterré à Penestin dans le Morbihan. A Nantes, un vélodrome porte son nom. Sa femme était venue l’inaugurer en 1924. »

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