Nantes : Cette fois c’est officiel, l'emblématique tour Bretagne va fermer pour « changer de visage »

PATRIMOINE Cet immeuble de 32 étages fermera le 30 juin prochain pour « au moins six ans »

Julie Urbach

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A Nantes le 17 fevrier 2015- La Tour Bretagne a Nantes
A Nantes le 17 fevrier 2015- La Tour Bretagne a Nantes — Julie Urbach / 20 Minutes
  • Devant les lourds travaux à effectuer, les copropriétaires ont finalement opté pour « un lifting radical » de l’immeuble.
  • Le célèbre bâtiment, principalement occupé par des bureaux aujourd’hui, devrait évoluer en termes d’architecture et d’usages.

« On s’en doutait mais ça va faire bizarre », glisse un salarié. Inaugurée il y a près de 44 ans, la tour Bretagne, devenue un monument emblématique de Nantes, va fermer ses portes dans un mois. Réunis en assemblée générale lundi, les copropriétaires de cet immeuble de 144 mètres de haut ont choisi l’option la plus radicale, celle de la métamorphose. « La tour doit être vidée au 30 juin, précise Eric Warin, président du conseil syndical de la tour. Il faudra ensuite quelques années pour lancer les études, le concours d’architecte… La même période sera nécessaire pour réaliser les travaux. On table sur une fermeture d’au moins six ans. »

Après la découverte d’amiante, qui a occasionné le départ de 75% des salariés de la tour (et notamment les agents des Finances publiques et de la Direccte), le bâtiment devait rapidement se mettre aux normes en matière de sécurité incendie, comme l’imposait la commission de sécurité réunie fin 2019. Mais les lourds travaux sur les volets de désenfumage, estimés à 2,7 millions d’euros et nécessitant de toute façon l’évacuation du site en raison de l'amiante, ont fait pencher les copropriétaires à carrément opter pour « un lifting radical » de l’immeuble. Son architecture et sa conception vieillissante se faisaient de plus en plus sentir, au-delà des inquiétudes sanitaires.

«C'est un bâtiment en fin de cycle, mais qui capte l'attention par son emplacement et sa symbolique, estime Geoffroy Petit, directeur développement chez Giboire, promoteur immobilier qui détient aujourd'hui 37% de la tour après des rachats successifs depuis un an. C'était le bon moment pour se poser.»

Commerces, logements… mais plus de Nid

Alors, à quoi pourrait ressembler la tour Bretagne « nouvelle génération » ? Difficile encore de le dire même si le bâtiment devrait bel et bien « changer de visage ». Pour remplir l’un des objectifs des copropriétaires, à savoir la réduction de l’impact environnemental, il faudrait peut-être passer par un remplacement total de la façade. « En termes d’usages, on va vers un bâtiment avec davantage de mixité, ajoute Eric Warin. Le 100 % bureaux, c’est terminé. On pense à des commerces, des logements… Même s’il y a énormément de contraintes techniques liées à la réglementation, l’urbanisme. On ne peut ajouter 10 % de sa masse au bâtiment, ce qui veut dire qu’on ne l’élève pas comme on veut, on ne fait pas des balcons comme un veut… »

Autre certitude, le Nid, ce bar situé au 32e étage de la tour et offrant une vision à 360 degrés de la ville, restera lui aussi inaccessible et ne devrait pas rouvrir en l’état après les travaux. Après huit ans de fonctionnement et plus de 2,5 millions de visiteurs dont de nombreux touristes, les salariés vont être licenciés. « En tant qu’exploitant de ce lieu, c’est une situation triste que nous vivons, confie Eric Warin, également patron du roof-top. Le Nid a changé l’image que les Nantais avaient du bâtiment et de leur ville. Même si on le remplace, ce ne sera pas pareil. » Pour autant, selon lui, « la ville a tout à gagner » quant aux travaux futurs de la tour Bretagne : « c’est un symbole de la ville que va s’adapter à son époque ». Le parking NGE, lui, ne sera pas touché par cette transformation.