Nantes : Acheter les murs mais pas le terrain... Sur l'île de Nantes, des logements vendus à prix cassés

IMMOBILIER Cette opération immobilière, réalisée grâce au dispositif de «bail réel solidaire», propose 13 appartements à la vente

Julie Urbach

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Le futur îlot Blancho-Zamenhof, sur l'île de Nantes, intégrera au moins 13 logements pour l'OFS.
Le futur îlot Blancho-Zamenhof, sur l'île de Nantes, intégrera au moins 13 logements pour l'OFS. — Habitat 44/Eiffage/Babin-Renaud
  • Sur l'île de Nantes, 13 appartements sont mis à la vente à des prix environ deux fois inférieurs à ceux du marché.
  • Les potentiels acheteurs, des familles modestes à qui ce dispositif de bail réel solidaire est réservé, ont jusqu'au 15 juin pour se manifester.

Cette opération immobilière d’un nouveau genre a déjà suscité l’intérêt de quelques villes en France. A Nantes et en Loire-Atlantique, elle se concrétise pour la première fois. Jusqu’au 15 juin, 13 appartements sont mis à la vente à des prix presque deux fois inférieurs à ceux du marché actuel : de 152.000 à 215.000 euros pour des logements avec balcon allant du T3 au T5, et particulièrement bien placés. « Ils seront situés boulevard Blancho sur l’île de Nantes, face à la Loire et à Saint-Sébastien, indique Jean-Noël Freixinos, directeur général d’Habitat 44. C’est un emplacement privilégié. »

Deux semaines après le lancement de la commercialisation, une quarantaine de familles se sont montrées intéressées et 19 ont même fait une offre. Des foyers « très modestes » (de 2.062 à 3.866 euros mensuels selon la taille du ménage) qui n’auraient probablement jamais pu déposer un dossier pour un tel bien sans ce dispositif appelé « bail réel solidaire », leur étant exclusivement réservé. Le principe : les acheteurs disposent de la propriété des murs mais pas du terrain. En complément, ils devront verser un loyer à l’organisme de foncier solidaire. Une mensualité qui ne devrait pas excéder, pour cette opération pilote baptisée « Loire en scène », 15 euros par mois.

A Nantes, 300 logements par an

Ce nouveau dispositif intéresse les collectivités qui souhaitent conserver du foncier sous leur giron pour tenter de lutter contre la spéculation immobilière et la flambée des prix. C’est aussi une manière de permettre à une population plus large (parfois non éligible au dispositif d’accession abordable) d’accéder à la propriété, dans une période où « on mesure plus que jamais l’importance d’avoir un endroit agréable où vivre », selon Philippe Grosvalet, président du conseil départemental de Loire-Atlantique. « Le logement conservera sa vocation d’accueil des populations à revenus modestes, poursuit Jean-Noël Freixinos. Il pourra être revendu avec une plus-value limitée, toujours sous conditions de ressources, afin qu’il se transforme en produit d’épargne. L’organisme garantit également son rachat, ainsi qu’un relogement dans le parc locatif social en cas d’accident de la vie. » Habitat 44 précise qu'il sera interdit pour les acquéreurs de louer leur bien.

Nantes métropole a annoncé que 300 logements par an pourraient désormais être concernés par ce dispositif. Des projets sont déjà lancés dans les quartiers Pré Gauchet et Coudray à Nantes, mais aussi à Saint-Herblain et Orvault. Le conseil départemental prépare lui aussi des opérations similaires à Pornic, Pornichet ou Guérande. Quant aux logements de l’île de Nantes, qui composeront un immeuble de cinq étages, ils seront livrés en 2023.