Déconfinement à Nantes : La crise sanitaire va-t-elle faire (enfin) décoller la pratique du vélo ?

DEPLACEMENTS Malgré l’installation de plusieurs aménagements cyclables temporaires, l’usage du vélo semble encore timide

F.B et J.U.

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Une piste temporaire a été aménagée quai de la Fosse à Nantes
Une piste temporaire a été aménagée quai de la Fosse à Nantes — F. Brenon/ 20 Minutes
  • Six aménagements temporaires pour favoriser la pratique du vélo ont été installés à Nantes.
  • Pour l’instant, il n’y a pas foule même si des indices montrent que l’usage pourrait se développer rapidement.

Nantes, quai de la Fosse, à la sortie du travail. Les automobilistes avancent au pas, le long des bandes cyclables. Rien de très nouveau, diriez-vous, à quelques nuances près : des plots rouge et blanc séparent désormais les voitures des vélos. Surtout, l’espace de circulation des seconds a été élargi au détriment des premiers. Pas loin, la configuration est la même sur le pont Anne-de-Bretagne. Boulevard Guist’hau, une ligne jaune est apparue à droite de la chaussée. Le pont Saint-Mihiel, lui, a carrément été fermé aux voitures.

Au total, six aménagements temporaires de ce type ont été mis en place depuis le 11 mai. A l’instar d’autres villes, et en raison de la crise sanitaire, Nantes souhaite donner davantage de place aux déplacements doux et mise sur «l'urbanisme tactique». Ce qui va dans le sens de Julie, assistante de direction : « D'habitude j'alterne entre vélo et bus pour me rendre au travail, explique la jeune femme. Avec ce qui se passe, le masque obligatoire, je n'avais vraiment pas envie de reprendre les transports en commun...  » « Le vélo c'est un petit plaisir quotidien, estime Damien. On prend le grand air, on ne craint pas grand chose en pédalant. »

« Avancée symbolique »

Alors que le vélo a déjà explosé à Paris, ce n’est pas encore si spectaculaire dans la Cité des ducs. Si certains cyclistes que l’on a croisés trouvent ces aménagements « inutiles », d’autres restent sur leur faim. « C’est un début, une avancée symbolique, juge Annie-Claude Thiolat, présidente de l’association Place au Vélo. Ce plan a vocation à s’étoffer. » La mairie annonce en effet qu’elle s’occupera bientôt du boulevard Guy Mollet et de la rue d’Allonville. « La rue de Strasbourg est également une priorité, avance Annie-Claude Thiolat. Notre souhait est que le stationnement voiture disparaisse. » L’installation d’appuis vélos temporaires est également attendue.

Car dans une métropole qui est encore loin d’atteindre son objectif de 12 % de part modale du vélo d’ici à dix ans, cette crise sanitaire est vue comme une opportunité. Selon Place au vélo, ce décollage de la pratique ne serait qu’une question de semaines, avec des salariés encore en télétravail et des boutiques de réparation qui vont mettre plusieurs semaines à satisfaire toutes les demandes. Les incitations financières (réductions pour les abonnés Bicloo, chèque de réparation de 50 euros) et l’apparition de lieux éphémères consacrés au vélo (comme bientôt sous les Nefs) pourraient aussi améliorer les choses. 

Vitorino, lui, n’a pas compté là dessus pour se remettre en selle. « Avant, je prenais le Bicloo ou le tram. Mais là je n'ai plus trop confiance, même pour les Bicloo. C’était le bon moment pour ressortir mon vélo. »

Et pour les piétons?

Des aménagements provisoires seront également réalisés « de manière progressive » aux abords de « certaines écoles et centres commerciaux », indique la mairie. Objectif : « garantir la distanciation des piétons » dans les lieux de forte affluence.