Béghin-Say ferme à Nantes pour mieux rouvrir en Espagne

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« Non à la fermeture, patron voyou. » La banderole, dressée sur les grilles de l'établissement devant un bidon en feu, plante le décor. Une centaine de salariés de Tereos (ex-Béghin-Say) se sont massés hier matin devant leur usine, pour protester contre l'accord de partenariat signé jeudi entre leur direction et la coopérative espagnole Acor. Celui-ci prévoit le développement d'une activité de raffinage à Olmedo, à 150 km au nord-ouest de Madrid. Sa capacité devra avoisiner début 2010 les 120 000 tonnes de sucre brut par an, soit l'équivalent de l'usine nantaise. Or, la fermeture de cette dernière en juillet prochain avait été annoncée quinze jours plus tôt... Motif invoqué : le règlement sucrier de l'Union européenne, qui a « considérablement dégradé les conditions économiques du raffinage en Europe », selon la direction.

« C'est lamentable, ce sont des procédés de marchands de tapis », réagit Pierre Jégu, secrétaire (CFDT) du comité d'entreprise. L'actuelle usine d'Olmedo, également située en zone euro, est « la plus grande sucrerie d'Espagne », rappelle de son côté Tereos. L'accord de partenariat avec Acor permettra ainsi de « minimiser les investissements nécessaires et optimiser les coûts de raffinage ». Un comité central d'entreprise doit avoir lieu le 15 décembre pour dévoiler le projet de plan social pour les 172 salariés de l'usine de l'Ile de Nantes.