VIDEO. Coronavirus à Nantes : Les voisins de la « rue Jean-Jacques » tendent des guirlandes et tissent des liens

VOISINAGE Depuis le début du confinement, des guirlandes colorées poussent entre les balcons des voisins de la rue Jean-Jacques Rousseau

Julie Urbach

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La rue Jean-Jacques à Nantes devient célèbre pendant le confinement — 20 Minutes
  • Des dizaines et des dizaines de guirlandes colorées apparaissent chaque jour dans la rue Jean-Jacques Rousseau à Nantes.
  • Une idée lancée par trois voisins qui ne se connaissaient pas et qui a emballé une bonne partie des riverains.

C’est un petit bonjour entre voisines qui s’est transformé en fiesta générale. Depuis le début du confinement, un esprit de convivialité plane sur la rue Jean-Jacques Rousseau, cet axe du centre-ville bien connu des Nantais. De part et d’autres des balcons, des dizaines de guirlandes colorées de plus de 10 m de long ont été tendues, symbole du lien qui se tisse entre les voisins pendant cette drôle de période.

« Au départ, on s’était prises en photo car chacune avait réalisé une pancarte pour les soignants, se remémorent en rigolant Clémence et Bruna, deux trentenaires qui ne se connaissaient pas il y a six semaines. On s’est mises à discuter depuis nos fenêtres, tous les jours, en parlant parfois très fort. C’est fou de se dire que ça fait plus de cinq ans qu’on habite cette rue, mais qu’on ne s’était jamais adressé la parole jusqu’ici ! » Bastien, le compagnon de Clémence et cordiste de métier, propose alors de mettre en place un système de poulie, pour que les deux nouvelles copines, surnommées « les poissonnières », puissent s’échanger plus facilement courses et petits cadeaux.

« Les préjugés se sont envolés »

Après avoir vu pousser leurs premières guirlandes, découpées dans des sacs Tri'sac ou dans de vieux vêtements, tout le monde a voulu s’y mettre. Chaque jour, de nouveaux fanions décoratifs ou à messages apparaissent, comme récemment la lettre « R » en dédicace au bébé d’un voisin, né pendant le confinement. Tous les soirs, chacun sur leur balcon, les riverains se retrouvent pour les traditionnels applaudissements aux soignants mais aussi pour des blind tests déguisés, apéros, ou commandes groupées de pizzas. « Tous les préjugés qu’on pouvait avoir les uns sur les autres se sont envolés », estime aujourd’hui Bruna, qui dit même « angoisser » à l’approche de la fin du confinement. « On a partagé des trucs vraiment cool, ce qui nous a permis d’avoir super bien vécu tout ça. On connaît les noms et même les surnoms de tout le monde ! Ça fait bizarre de se dire que tout le monde va reprendre sa vie d’avant. »

En souvenir de cette période, les voisins de la « rue Jean-Jacques » espèrent que leurs guirlandes (qui ont même fait la une du site Internet du New York Times) pourront rester en place au moins pour l’été et le Voyage à Nantes. Même si les rassemblements seront limités à dix personnes après le 11 mai, ils cherchent déjà un moyen de tous se regrouper pour enfin se voir d’un peu plus près.