Coronavirus à Nantes : « On sera avec vous »... Guillaume Canet et Leïla Bekhti prêts à manifester pour les soignants

INSTAGRAM Du personnel de l'unité Covid du CHU de Nantes ont échangé en direct sur Instagram avec Guillaume Canet et Leïla Bekhti ce dimanche

Frédéric Brenon

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Guillaume Canet et Leila Bekhti interrogeaient des soignants du CHU de Nantes ce dimanche.
Guillaume Canet et Leila Bekhti interrogeaient des soignants du CHU de Nantes ce dimanche. — Instagram Guillaume Canet Officiel
  • Depuis mercredi, l’acteur Guillaume Canet réalise des lives avec des agents hospitaliers de toute la France.
  • Ce dimanche, il interrogeait des soignants du CHU de Nantes.
  • Les professionnels ont appelé le grand public à manifester prochainement en faveur de l’hôpital public.

Depuis mercredi, Guillaume Canet propose des entretiens en direct avec des personnels soignants de toute la France via son compte Instagram. Ce dimanche après-midi, le live se déroulait avec des infirmières et aides-soignants de l’unité Covid du CHU de Nantes. L’acteur-réalisateur était en, plus, accompagné de la comédienne  Leïla Bekhti pour cet échange réalisé dans la bonne humeur. L’occasion pour les professionnels de santé de faire passer quelques messages au grand public.

« Même si ça va mieux, on a encore des cas positifs qui arrivent dans nos services, expliquent les soignants nantais. Il y a encore des gens qui se contaminent en ce moment. Donc il ne faut pas penser que c’est fini. On voit pourtant qu’il y a un relâchement ces derniers jours​. Il ne faut pas oublier qu’il y a encore des gens qui meurent du Covid en France. »

« Je trouve ça honteux », réagit Leïla Bekhti

Autre recommandation exprimée : « On voit beaucoup de gens faire leurs courses avec des gants. C’est un truc à ne surtout pas faire. Avec des gants, on va toucher des choses infectées, on va faire moins attention et, à un moment, on va se toucher le visage. C’est contre-productif et, en plus, ça pollue. Nous, par exemple, on nous apprend qu’il faut utiliser une paire de gants pour un soin. Dès qu’on change de zone, on change de paire de gants. »

Les soignants ont aussi montré aux 3.300 internautes connectés ce dimanche le matériel reçu récemment pour pallier la pénurie de surblouses hospitalières. « Ce sont des sortes de sacs-poubelle. Il faut voir l’installation ! Les manches tiennent avec des élastiques de bureau. Et il fait 50 degrés dessous car ça ne respire pas. On en change entre chaque patient. Pour travailler toute la journée là-dedans, ce n’est pas optimal. La prochaine fois, il faudra anticiper le stock. » « Je trouve ça honteux », a réagi Leïla Bekhti.

« On n’a pas assez de lits, pas assez de personnel »

En conclusion de l’entretien, ces membres de l’équipe Covid du CHU de Nantes ont aussi donné rendez-vous aux nombreuses personnes demandant comment elles pouvaient aider. « Ça fait un moment qu’on dit que l’hôpital public a un problème. Il y a des catégories professionnelles qui se mettent en grève, paralysent la France pendant trois semaines et finissent par obtenir gain de cause. Nous, on ne peut pas descendre dans la rue manifester. Quand on veut se mettre en grève on nous réquisitionne. On a juste le droit de venir travailler avec un mot écrit "en grève" dans le dos. Ça n’a pas d’impact. Notre alerte c’est qu’on n’a pas assez de lits, on n’a pas assez de personnel. Clairement aujourd’hui, c’est ça le problème. A un moment, il faudra peut-être que les gens descendent dans la rue pour nous. »

« Quand il faudra le faire, on sera avec vous », promet Guillaume Canet. « On sera là. Bravo du fond du cœur », ajoute Leïla Bekhti.