Nantes n'entend pas la chanson du dimanche

Matthieu Bonamy - ©2008 20 minutes

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Plus que vingt-quatre jours avant Noël. Et plus que vingt et un pour faire ses courses. Mi-octobre, tous les maires de l'agglomération ont en effet de nouveau rejeté en conseil communautaire l'ouverture exceptionnelle des commerces les dimanches de décembre, au grand dam de Yannick Curty, président de l'association des commerçants du centre-ville (lire encadré). Une constante depuis bientôt vingt ans, qui fait de Nantes l'une des rares grandes villes de France avec Angers à refuser l'ouverture des magasins le dimanche. Motif invoqué : « la protection de la vie familiale et des salariés ».

Cette décision est bien accueillie par les syndicats de salariés, majoritairement opposés au projet gouvernemental de réaménagement du travail dominical. Derrière les exceptions du mois de décembre, ils voient en effet un « essai grandeur nature » pour généraliser la mesure à toute l'année. Philippe Menuet, délégué CFDT au centre commercial Auchan de Saint-Sébastien-sur-Loire, assure ainsi avoir obtenu trois cents signatures pour sa pétition contre la réforme. « Personne n'y voit d'intérêt. Dans le secteur du commerce, on travaille déjà six jours par semaine, explique-t-il. Et puis le volontariat, c'est une mascarade. Si les grandes surfaces ouvrent, les magasins des galeries commerciales seront aussi obligés d'accueillir les clients. »

Les associations de consommateurs, comme l'UFC-Que choisir, sont également assez réservées. « C'est surtout une question de concurrence entre les commerces, estime Hervé Le Borgne, président de la section nantaise de l'association. En outre, nos études montrent que les consommateurs sont très partagés sur ce sujet. »

De nombreuses dérogations autorisent par ailleurs déjà le travail dominical pour les salariés des hôtels-restaurants, des magasins de meubles ou encore des journaux. Il est également possible d'ouvrir le dimanche jusqu'à midi pour les boutiques alimentaires de détail. Les autres commerces de détail peuvent travailler jusqu'à cinq dimanches par an, sur autorisation du maire. Dans ces cas, les salariés sont payés le double et bénéficient d'un repos compensatoire.