« Le vrai problème, ce sont les transports »

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Dans quelques minutes, les portes du Super U de Saint-Jacques, à Nantes, vont fermer. Les neuf caisses fonctionnent à plein régime avec des files d'attente qui commencent à encombrer les rayons. Pas de promotion particulière ou d'opération spéciale avant Noël. « Juste un dimanche matin comme les autres », confirme une employée, débordée. Il est bientôt midi, heure jusqu'à laquelle, tous les dimanches, ce magasin a le droit d'ouvrir, contrairement à d'autres enseignes de la grande distribution.

De petite taille, moins de 2 500 m2, il bénéficie d'une autorisation préfectorale comme d'autres supérettes. Une exception plutôt rentable. « En seulement trois heures d'ouverture, on réalise 11 % de notre chiffre d'affaires hebdomadaire, soit presqu'autant que la journée complète du mercredi », confirme l'un des responsables du magasin.

Pour les salariés, c'est tout de même une contrainte : derrière l'étal boucherie, une jeune femme garde le sourire, mais préférerait quand même « passer du temps en famille ». « Pour moi, le vrai problème du travail le dimanche, ce sont les transports en commun, trop peu nombreux. Je mets une heure pour rentrer chez moi, contre vingt minutes en semaine », explique-t-elle.

La poissonnière accepte, elle, plutôt bien cette contrainte. « On n'a pas trop le choix, mais bon, ce n'est pas tous les dimanches, donc ça reste supportable. On travaille un ou deux dimanches par mois, il suffit de bien s'organiser. Et puis les clients, même s'ils sont nombreux, sont plus détendus. C'est plus agréable que les autres jours. »

Dans ce magasin, il n'y a pas de prime salariale pour le travail dominical. « On n'est pas payés plus que les autres jours, confirme-t-on en interne. Et puis, on ne nous demande pas notre avis, ça fait partie de notre contrat. »

M. B.