une famille face au crime

David Prochasson - ©2008 20 minutes

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A la barre du tribunal, il répétait sans cesse : « Ce n'est pas mon histoire. » D'un fait divers banal mais tragique, Nadia Xerri-L. a écrit et mis en scène Couteau de nuit. La pièce, à découvrir jusqu'à vendredi au Théâtre universitaire, s'inspire du procès d'un jeune homme accusé d'avoir assassiné un autre jeune homme, lors d'une soirée arrosée. « C'est la lecture d'Ouest-France un matin qui m'a interpellé, explique Nadia Xerri-L. J'ai été aimantée par le procès. »

Au lendemain du jugement, l'auteure veut coucher noir sur blanc la multitude de questions qui viennent à elle. De la réalité à la fiction, elle cherche à reconstituer la nuit du crime. Avec un parti pris : se borner aux trois minutes qui précèdent le procès. En silence, les proches du présumé coupable, ses parents, sa petite amie, son frère jumeau se retrouvent. Dans leurs têtes, ils vont parler, s'apostropher, se raconter ou s'aimer. Une narratrice étrangère se révélera être la clé du mystère. « Les personnages sont statiques mais tout en énergie et en émotion, indique Nadia Xerri-L. J'ai voulu donner à vivre un texte puissant autour d'un décor symbolique : la salle d'audience. » La scénographie a été réalisée par Caroline Foulonneau. Issue de l'école d'architecture de Nantes, elle a été choisie après un concours, fruit de la rencontre entre la metteure en scène et les directions du Grand T, auteur du décor, et du Théâtre universitaire, hôte de la pièce. Jusqu'à vendredi, une expo au TU accueille les maquettes d'étude réalisées dans le cadre du concours. La création, dont le texte a été publié en septembre chez Actes-Sud papiers, a été jouée pour la première fois en octobre à Reims. W

A 20 h 30 au TU, de 7 à 14 eur.