Coronavirus à Nantes : Faut-il rouvrir les jardins familiaux ?

CONFINEMENT Depuis deux semaines, les quelque 1.200 parcelles de jardins familiaux réparties dans la ville sont inaccessibles

Julie Urbach

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Les jardins familiaux au parc des Oblates à Nantes
Les jardins familiaux au parc des Oblates à Nantes — J. Urbach/ 20 minutes
  • Les Verts, relayant la déception de certains jardiniers, demandent à revenir sur la décision de fermer les parcelles de jardins partagés.
  • La mairie, qui estime qu'il n'est «pas le moment de se relâcher», reste sur sa position.

Ceux qui disposent d’un petit coin de verdure se le répètent tous les jours depuis le début du confinement. Pouvoir prendre l'air et s’occuper dans son jardin est une chance alors qu’il est interdit de sortir de chez soi en raison de l’épidémie de coronavirus. A Nantes, pourtant, certains habitants se retrouvent dans une situation un peu bancale. Les quelque 1.200 parcelles de jardins partagés ou familiaux sont interdites d’accès, depuis deux semaines et jusqu’à nouvel ordre.

Une décision qui a mis dans l’embarras bon nombre de jardiniers. « Avant le confinement, j’avais déjà planté mes oignons, mes petits pois, mes fraises… Résultat, c’est complètement sec, se désole cette jardinière de la Crapaudine. J’en ai marre de rester enfermée devant la télé. Mais de toute façon on ne peut rien faire, ils ont coupé l’eau… » Dans le quartier Pirmil, même son de cloche. « Je vois ma parcelle de la fenêtre de mon appartement, c’est assez frustrant, confie Adrien, membre de l’association des jardins des Escartons. En ce moment, il faudrait préparer la terre, planter les salades… Certains jardiniers sont des personnes âgées isolées, avec une petite retraite, pour qui il est essentiel de cultiver la terre pour pouvoir s’alimenter. Nous sommes prêts à nous organiser entre nous, avec un planning partagé, afin de nous croiser le moins possible. »

« Pas le moment de se relâcher »

Ce week-end, c’est le groupe local EELV qui a demandé à la mairie de revenir sur son choix. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour, indique ce lundi soir la mairie de Nantes, « consciente qu’il y a des questions concernant la fermeture des jardins familiaux ». « Freiner la propagation du virus est un impératif absolu. (…) Nous sommes dans une région où le virus circule moins qu’ailleurs. Ce n’est pas le moment de se relâcher », indique la ville, alors que les mesures de confinement semblent de moins en moins acceptées par une partie de la population.

Si cette interdiction est en vigueur dans de nombreuses communes, d’autres ont lâché du lest après que les plans et graines ont été récemment ajoutés par le gouvernement à la liste des produits de première nécessité. A La Roche-sur-Yon (Vendée), par exemple, il a été décidé que les jardiniers des parcelles aux numéros impairs peuvent les travailler les jours impairs, et inversement pour les parcelles paires, pendant une heure seulement. Dans le Nord, le préfet s'est penché sur la question et a autorisé leur accès, assimilant la récolte des fruits et légumes à des achats de première nécessité. A condition de ne pas en profiter pour s’y regrouper, et abuser des après-midi ensoleillés.