Nantes : Les fabricants de savons et de distributeurs débordés par les commandes

HYGIENE A Rezé, la Savonnerie de l'Atlantique et la société JVD doivent se réorganiser pour répondre à la demande

Frédéric Brenon

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Les distributeurs de savon de la société française JVD sont très demandés.
Les distributeurs de savon de la société française JVD sont très demandés. — JVD
  • La crise du Covid-19 a augmenté très fortement la demande pour les produits nettoyants.
  • La Savonnerie de l'Atlantique, à Rezé, est très sollicitée.
  • JVD, fabricant de distributeurs de savon, a multiplié par 10 sa production.

Il n’y a pas que le gel hydroalcoolique et le papier toilette qui se vendent comme des petits pains depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus. Les produits nettoyants, et en particulier le savon, font également l’objet d’une très forte demande. A Rezé, la Savonnerie de l’Atlantique (marques La Cigale, Cigale bio et Superclair) croule sous les commandes de la grande distribution.

« Ça a commencé il y a trois semaines et ça a explosé d’un coup après le discours d'Emmanuel Macron, explique Patrick Dailly, PDG de la savonnerie. Avec la pénurie de gel hydroalcoolique, les consommateurs ont compris que le savon était une alternative efficace et naturelle. » Toute la gamme est sollicitée, que ce soit pour les soins corporels ou le ménage. Pour l’heure, la Savonnerie de l’Atlantique « parvient à faire face » grâce à son stock.

Mais « augmenter la production sera compliqué car, comme toutes les entreprises, nous avons des salariés absents », indique Patrick Dailly. La société, qui emploie 48 personnes sur deux sites et produit en moyenne près de 35 millions de savons par an, s’est donc réorganisée pour se « concentrer sur la production des produits essentiels ».

« C’est du jamais vu »

Non loin de la savonnerie, toujours à Rezé, JVD, fabricant d’équipements d’hygiène, a, lui aussi, dû revoir son organisation. Ses principaux clients sont les collectivités, les entreprises, les établissements de santé, les hôtels. Dès l’apparition de l’épidémie de coronavirus en Chine, les commandes pour les distributeurs automatiques de savon et de gel se sont envolées en France. « La majorité des fabricants sont chinois. Comme eux ne savaient plus fournir et que nous sommes les seuls en France, les clients se sont tournés vers nous », raconte Thierry Launois, directeur général de JVD. L’arrivée du virus dans l’hexagone a amplifié de manière spectaculaire la demande. « D’ordinaire on produit 5.000 distributeurs par mois. Là, c’est ce qu’on fait en trois jours. On multiplie la production par 10. C’est du jamais vu. »

Comment faire face ? « On a mis en place un plan de crise. On a concentré notre production sur les distributeurs de savon et de gel. On a redéployé le personnel de manière à travailler en 2x8, de 5h à 22h. On a aussi eu recours à une vingtaine d’intérimaires. Le tout en respectant les consignes de distanciation. Ce n’est pas facile mais, pour l’instant, ça se passe bien. Nous avons le devoir de répondre présents en ce moment. Nos équipes ont bien compris l’enjeu et réalisent un travail formidable. »

Le Covid-19 est donc une très bonne nouvelle pour le chiffre d’affaires de JVD. « Non, pas forcément, corrige Thierry Launois. Car la réorganisation et la sécurisation de nos composants ont fait exploser nos coûts tandis que nous avons préféré ne pas augmenter nos prix. » Le patron de JVD, qui emploie 48 collaborateurs, dont 35 à Rezé, s’inquiète même un peu pour la suite.

« On s’est préparé pour que ça dure deux mois sans savoir si on pourra tenir la distance comme ça. Et ce sera peut-être même plus long. » Sur le long terme, cette crise « laissera des traces », est-il convaincu. « S’il y a un tel pic de demande aujourd’hui, c’est probablement parce qu’il y avait encore beaucoup de progrès à faire en matière d’hygiène. Les habitudes vont changer. »