Coronavirus à Nantes : « Je fais ça pour le bien commun »… L’abbé justifie le maintien d’une messe catholique dimanche

CONFINEMENT L'association traditionaliste Saint Pie V a réuni une vingtaine de personnes dimanche dans une chapelle nantaise

Frédéric Brenon

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illustration d'une messe
illustration d'une messe — Karim Kadim/AP/SIPA
  • L’association Saint Pie V est une organisation catholique revendiquant sa rupture avec l’Eglise actuelle.
  • Les lieux de culte peuvent rester ouverts mais les réunions de plus de 20 personnes en leur sein sont interdites.
  • Tous les diocèses de France ont toutefois arrêté de célébrer les messes.

Depuis mardi dernier, dans le cadre des mesures de confinement, tous les rassemblements et déplacements de personnes sont interdits en France, hormis certaines dérogations. Dans ce contexte, les diocèses de France ont décidé de suspendre leurs messes. Pour autant, une messe catholique a étonnamment été célébrée dimanche matin dans la chapelle du Christ-Roi, à deux pas du Jardin des plantes, à Nantes, a révélé le journal Presse Océan.

L’organisateur était l’association Saint Pie V, une communauté traditionaliste revendiquant sa dissidence avec l’Église catholique. La cérémonie, qui s’est « déroulée dans la liturgie latine et grégorienne », a réuni une vingtaine de personnes. « J’ai célébré la messe comme d’habitude car il me semble que les messes sont permises jusqu’à 20 personnes », justifie à 20 Minutes l’abbé Philippe Guépin, lequel préside l’association Saint Pie V.

Sollicitée, la préfecture de Loire-Atlantique confirme que les lieux de culte sont « autorisés à rester ouverts » dans la mesure où ils ne réunissent pas plus de 20 personnes. Mais les déplacements à une cérémonie de culte non funéraire sont, eux, paradoxalement, interdits.

« Prier dans les églises, un moyen excellent contre le coronavirus »

L’abbé Guépin n'exprime pas de regret. « Le fait d’aller prier dans les églises est un moyen excellent pour mener le combat contre le coronavirus. Je fais ça pour le bien commun. C’est comme cela que les anciens qui nous ont précédés agissaient quand il y avait des épidémies de peste et de choléra. Ils allaient prier le Bon Dieu pour lui demander son secours. C’est autrement plus efficace que ce que les pouvoirs publics peuvent suggérer comme mesures sanitaires. »

N’y aurait-il tout de même pas mieux fallu, par principe de précaution, éviter cette réunion de personnes et le risque de propagation du virus qu’elle présente ? « Mais il y en a partout des risques, s’offusque-t-il. Regardez les médecins, les soignants, ils sont exposés. Moi-même je m’occupe des âmes et je prends des risques. Les non catholiques ne peuvent pas comprendre. Nous n’avons pas les mêmes valeurs. »

« Je ferai mon devoir »

L’abbé Guépin n’apprécie pas que les diocèses, eux, aient préféré arrêter les messes. « Ils sont allés jusqu’à fermer les sanctuaires de Lourdes ! Vous vous rendez compte ? Le clergé moderne a perdu la foi. C’est lamentable. » L’association Saint Pie V organisera-t-elle d’autres messes dans ce contexte ? « Je ferai mon devoir », conclut-il.

Sollicité, le diocèse de Nantes ne souhaite faire « aucun commentaire » sur l’association Saint Pie V, précisant qu’elle est « en rupture totale avec l’Eglise catholique ».