Coronavirus à Nantes : La mairie et l’Etat lancent un plan de soutien aux sans-abri

SOCIAL Compte tenu du confinement, la distribution alimentaire pour les personnes à la rue va être sécurisée. Des places d’hébergement supplémentaires sont également ouvertes

Frédéric Brenon
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Une personne sans domicile fixe seule dans la rue.
Une personne sans domicile fixe seule dans la rue. — I.Fassbender/AFP

Depuis le début de la crise du coronavirus et, a fortiori, depuis le déclenchement des mesures de confinement, les associations d’aide aux personnes sans domicile fixe sont confrontées à un déficit brutal de bénévoles. Ce manque, accentué par des contraintes sanitaires nouvelles, a conduit plusieurs associations à réduire, voire suspendre, la distribution d’aide alimentaire. Au risque de précariser un peu plus des personnes déjà démunies.

Voilà pourquoi la ville de Nantes a décidé, en lien avec le tissu associatif, de réagir. « Je mets un point d’honneur à ce qu’on porte en cette période une attention particulière aux publics les plus fragiles », justifie Johanna Rolland.

Des agents municipaux en renfort

Concrètement, un soutien logistique et humain sera apporté à la Banque alimentaire, laquelle collecte des denrées au bénéfice d’une trentaine d’associations. Des agents volontaires de la ville de Nantes viendront en renfort des associations pour compenser le manque de bénévoles.

Trois sites de distribution alimentaire exceptionnels seront créés afin de mieux repartir le public et ainsi « éviter des concentrations de population » susceptibles de favoriser la propagation du virus. Il s’agit du 32 quai de Versailles (avec la Caarud), du parc de la Moutonnerie (avec Anef Ferrer) et du 5 rue de la Garde (avec les Restos du cœur). Ils viendront compléter les centres de distribution toujours en activité (Espace Agnès-Varda, Le 24 Bis, L’Aurore et L’Autre Cantine).

Par ailleurs, Adelis va renforcer son dispositif de restauration sur le site Beaulieu pour monter jusqu’à 120 repas par jour supplémentaires. Des maraudes par la Croix-rouge, Action froid et le Samu Social sont assurées.

Un centre d’hébergement pour les malades

Du côté de l’Etat, 570 places d’hébergement d’urgence sont maintenues en Loire-Atlantique dans la mesure où la période de renfort hivernal est « prolongée jusqu’au 31 mai », annonce le préfet. Cinquante places supplémentaires en chambre hôtels sont ouvertes (sur un total de 327) pour « répondre aux besoins non couverts ». Des portages de repas sont prévus pour les familles. Le préfet indique également qu'une « réflexion est en cours » pour réserver des bungalows au camping du Petit-Port.

Enfin, pour les structures n’ayant pas de possibilité d’isoler d’éventuels malades et pour les personnes à la rue, un « centre d’hébergement spécialisé pour malade non grave » est en cours de mise en place, ajoute la préfecture Il sera localisé à Saint Aignan-de-Grand-Lieu. L’accès à ces centres se fera sur avis médical uniquement. La gestion en sera ssurée par la protection civile.