Loire-Atlantique : La pluie perturbe fortement l’activité des agriculteurs

MÉTÉO La pluie qui ne cesse de tomber depuis des mois cause bien du tort aux agriculteurs de la région nantaise

Guillaume Leroux

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Dans la région de Nantes, les vaches n'ont eu que peu souvent l'occasion de pâturer.
Dans la région de Nantes, les vaches n'ont eu que peu souvent l'occasion de pâturer. — F.Elsner/20Minutes
  • Malgré un léger mieux ces derniers jours, la pluie est tombée en abondance sur Nantes depuis le mois d’octobre.
  • Les vaches ne pâturent pas et les agriculteurs craignent une pénurie de fourrages.
  • Les nappes d’eau sont pleines mais ne mettent pas la région à l’abri d’une sécheresse cet été.

Il n’a échappé à personne qu’il a beaucoup plu ces dernières semaines sur Nantes et sa région. Si les records de pluviométrie mensuelle n’ont pas encore été battu, on risque d’atteindre des niveaux historiques pour le mois de mars. Il est déjà tombé 108,2 millimètres de pluie ce mois-ci (dont 47 pour la journée du 1er mars et le passage de la tempête Léon). En moyenne, entre 1981 et 2010, il ne tombait que 60 millimètres d’eau en mars. Sur cette période, le record datait de 2001 avec 139,8 millimètres de pluie. On s’en approche à vitesse grand V.

« En termes de pluviométrie, l’année 2019 n’a rien d’exceptionnelle, analyse Jean-Christophe Richard, agriculteur à Couffé. Par contre, la répartition est catastrophique. Il est tombé 275 millimètres de pluie entre le 1er janvier et le 20 septembre et plus de 400 millimètres entre le 20 septembre et le 31 décembre. On aura bientôt deux saisons, un été long et sec et un hiver doux et humide. »

Le niveau de la Loire était très élevé après les grandes marées du mardi 30 mars
Le niveau de la Loire était très élevé après les grandes marées du mardi 30 mars - G.L./20 Minutes

Surconsommation de foins

Les fortes précipitations ont deux conséquences principales sur l’activité agricole. « A cause de la pluie, on n’a pu semer en octobre que 70 % du blé que l’on sème habituellement, regrette Jérôme Maillard, exploitant à Pornic. Et sur ce que l’on a semé, 30 % n’est pas exploitable. C’est énorme. »

Surtout, ses intempéries impactent le stock de fourrages. « On a dû rentrer les animaux prématurément et il y a une surconsommation de foins car ils ne peuvent pas pâturer, ajoute Mickaël Trigné, agriculteur à Ligné. Ça devient problématique. » Les agriculteurs craignent une forte hausse des prix qui aurait de lourdes conséquences sur l’économie de leurs exploitations.

« On n’a pas pu faire de réserves d’eau »

Après une longue sécheresse jusqu’en octobre, les terres sont, de nouveau, bien humides. Ce qui peut laisser présager un été moins aride. « Les nappes d’eau sont bien remontées et les mares sont pleines, indique Jean-Christophe Richard. S’il y a une sécheresse cet été, ce ne sera donc qu’au niveau des sols. Ce devrait être moins important que l’année dernière. »

Antoine Thiberge, directeur de la fédération des maraîchers nantais, n’a pas tout à fait le même regard. « Le niveau des nappes n’est pas en excès par rapport à d’habitude, l’eau rentre encore dans les sols. Ça ne nous met pas à l’abri d’une importante sécheresse cet été. »

Le maraîcher estime néanmoins que tout n’est pas fait, dans le département, pour éviter ce cas de figure cet été. « Malgré la pluie qui est tombée en abondance, on n’a pas pu faire de réserves d’eau. Sur ce point, on est en retard par rapport à d’autres régions. Il faudrait que l’on puisse développer une plus grande capacité à capter une partie de l’eau pour s’en servir en été. »