HBC Nantes-PSG : Le « H » a tapé dans l’Emil avec Nielsen, un gardien au physique atypique

HANDBALL Le gardien de but du HBC Nantes, qui affronte le leader parisien ce jeudi soir (20 h 45) à la H Arena, impressionne depuis son arrivée sur les bords de l’Erdre

David Phelippeau, avec Maïlys David

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Le gardien de but nantais Emil Nielsen.
Le gardien de but nantais Emil Nielsen. — D.P. / 20 minutes
  • Emil Nielsen a un physique plutôt atypique pour un gardien de but : il est très grand, mais aussi un peu rond.
  • A bientôt 23 ans, le Danois fait partie des meilleurs goals du monde.
  • Son objectif : s’installer durablement en sélection danoise malgré une concurrence rude à son poste.

Une bouille de chérubin, des joues toutes rondes, un petit embonpoint qui laisse deviner quelques bourrelets… Emil Nielsen, le gardien de but du HBC Nantes, affronte le PSG jeudi soir (20 h 45) à la H Arena, n’a pourtant rien d’un enfant pour les shooteurs. Mercredi, à Dunkerque (15-34), il a dégoûté l’armada offensive nordiste en réalisant 18 parades pour un pourcentage d’arrêts surréaliste à 55 %.

A bientôt 23 ans, le Danois, arrivé cet été à Nantes, détonne avec son physique atypique. Très loin des standards des gardiens de but de handball le plus souvent longilignes. Emil, c’est une taille de 1,95 m (jusqu’ici, tout est normal) pour un poids oscillant entre 110 kg et 120 kg. Quand on ose lui parler de cette singularité, l’intéressé sourit : « Je suis un costaud et cela peut être un avantage. » Et quant à d’éventuelles moqueries qu’il aurait pu subir : « Je m’en fous, mais je n’ai pas encore eu cette expérience… »

Le coup de foudre remonte à 2018

C’est vrai qu’il n’a pas le profil typique de l’athlète, reconnaît le président Gaël Pelletier, qui a insisté pour aller le chercher à Skjern, au Danemark. Mais quand on le prend, ce n’est pas un pari. On est sûr de notre fait. » Et c’était plutôt souhaitable pour un transfert (l’achat le plus cher de l’histoire du club) proche des 100.000 €.

Nantes lui fait de l’œil depuis un moment déjà. Le coup de foudre remonte aux matchs aller-retour du « H » contre Skjern, lors de l’épopée nantaise en Ligue des champions en 2018. Au-delà d’une morphologie qu’on n’oublie pas, Nielsen aimante les regards par des performances étonnantes pour un si jeune gardien. En octobre 2018, il signe 19 arrêts contre le PSG. Bluffant hier, Emil l’est aussi aujourd’hui. « Il impressionne tout le monde », confie son coéquipier Nicolas Tournat. « Il monte en puissance et est très bon depuis la reprise en février, embraie Dragan Pechmalbec. Arriver à mettre Cyril [Dumoulin] sur le banc, c’est une sacrée performance. »

Des capacités incroyables pour son physique

Pour beaucoup d’observateurs, Nielsen a un talent dingue sans rapport avec son physique atypique. « Il est très souple, peut monter les pieds en lucarne, poursuit Tournat. Les gens ne s’attendent pas à voir un gardien comme ça quand ils prennent le shoot… Je ne serais pas surpris qu’il devienne le meilleur gardien du monde dans deux ou trois ans ! »

Gaël Pelletier le compare à un certain Igor Tchoumak, un gardien de but russe des années 1990, au physique de routier : « Il se déplaçait comme un gardien de 20 kg de moins, il ne faisait pas des arrêts en rapport avec son physique. Un peu à l’image d’Emil. »

« Son seul défaut ? Etre danois ! », selon Siffert

Arnaud Siffert, qu’Emil Nielsen a remplacé aux côtés de Cyril Dumoulin, s’agace (un peu) quand on évoque le physique rondouillard du Danois. Comme pour le chanteur Pierre Perret, « il y a des grands, des petits, des souples, des rapides », selon le nouveau retraité. « Il n’y a surtout pas de physique type dans les buts. Samir Belhassen à Montpellier, tout le monde disait qu’il fallait qu’il maigrisse. Mais, moi, je disais aux gens : "Mais pourquoi devrait-il changer ? Il ne se blesse pas, il est performant, il est souple, rapide, il prend de la place !" Emil, il a peut-être un physique atypique, mais il faut voir à quelle vitesse il se déplace à l’aile. Il prend énormément de place par sa corpulence et ne même temps, il est capable de lever la jambe au plafond ! »

Son seul défaut ? « C’est d’être danois et d’avoir deux très grands à son poste [Green et Landin] en sélection », estime Arnaud Siffert. « Il y a les JO cet été, j’aimerais y aller, ce serait un rêve qui deviendrait réalité, confie l’intéressé. C’est un but personnel et je pense que je suis au bon endroit pour accomplir cela. »