Nantes : On vous emmène dans les passages et cours secrètes de la ville

TOURISME A l'occasion des vacances scolaires, on a suivi l'une des visites les plus demandées par les touristes à Nantes

Julie Urbach

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Un cour secrète de l'île Feydeau
Un cour secrète de l'île Feydeau — J. Urbach/ 20 Minutes
  • «Cours secrètes et passages couverts» fait partie des parcours de visite proposés par Nantes Tourisme qui ont le plus de succès.
  • Pendant deux heures, on a découvert le centre-ville sous un autre angle en compagnie du guide Pascal Cassin.

On connaît leurs noms mais beaucoup moins leur histoire. Ou alors, on passe à côté sans même soupçonner leur existence. Le centre de Nantes regorge pourtant de passages et de petites cours cachées, témoins de l’histoire de la ville. A tel point que Nantes tourisme en a imaginé un parcours de deux heures (10€), qui fait partie des plus demandés par les touristes (derrière la traditionnelle Promenade nantaise).

A l’occasion des vacances, on a donc découvert le centre-ville sous un autre angle avec le guide-conférencier de Nantes tourisme Pascal Cassin. Il connaît tous les recoins mais surtout, il a les clés si nécessaire ! Petite sélection.

Un couvent avant le café-théâtre et sa jolie cour

Pour la première, pas besoin de code. Il suffit d’oser entrer dans la jolie cour pavée et très verte de la Compagnie du café théâtre, rue des Carmélites. « Il s’agit de l’un des seuls ordres, avec les Jésuites, qui a pu s’installer à l’intérieur de la ville, au 17e siècle », raconte notre guide. Si, depuis, la célèbre salle de spectacle s’est installée sur le site, il reste encore quelques traces de cet ancien couvent, devenu ensuite prison puis caserne. Vous regarderez la prochaine fois, on devine encore les arcs au-dessus des fenêtres !

La jolie cour de la compagnie du café-théâtre
La jolie cour de la compagnie du café-théâtre - J. Urbach/ 20 Minutes

L’un des rares hôtels particuliers en plein Bouffay

On les pensait plus nombreux, à tort. « Les bombardements de la seconde guerre mondiale et les travaux n’ont pas aidé, mais il n’y avait pas tant d’hôtels particuliers que ça à l’époque, explique Pascal Cassin. Tout simplement car le Parlement était à Rennes, et non à Nantes ». C’est donc au 8 rue de l’Emery (aujourd’hui, c’est le resto le Patio’nnement) que vous pourrez voir l’un d’entre eux, l’hôtel de Bruc, qui date de la fin du 15e ou début du 16e siècle. « Une famille noble y habitait, on est très près du château et donc du pouvoir. » Vitraux et structure de l’époque ont été reconstitués. 70 % des pierres de tuffeau ont été changées.

L'hôtel de Bruc, quartier Bouffay
L'hôtel de Bruc, quartier Bouffay - J. Urbach/ 20 Minutes

Derrière les façades de l’île Feydeau

Difficile d’imaginer ce qui se cache derrière les majestueuses facades du quai Turenne ou de la rue Kervegan. Au n°11, et cette fois grâce à une clé, nous voici dans la « cour ovale », au milieu de ces « immeubles de rapport », alors occupés par des locataires, souvent armateurs, alors que l’activité portuaire explose juste avant la Révolution. « Le terrain était très instable sur l’île Feydeau, rapporte le guide. On a mis 60 ans pour construire 23 immeubles, à l’aide de pilotis et de poutres. » Parmi eux se trouve d’ailleurs la maison natale de Jules Verne.

Un cour secrète de l'île Feydeau
Un cour secrète de l'île Feydeau - J. Urbach/ 20 Minutes

Le plus connu des passages a aussi ses secrets

C’est évidemment le plus connu, mais ce n’est pas pour cela que le passage Pommeraye n’a pas de secrets. Le premier d’entre eux : il est unique en Europe ! « Le passage fait 134m de long mais il a un dénivelé de près de 10m, indique Pascal Cassin. C’est le seul passage construit sur trois niveaux » Deuxième curiosité, plus on monte, plus sa décoration est étoffée. « Ouvert en 1843, il rejoignait un quartier populaire, le port, à celui de la bourgeoise et du luxe, autour de la place Graslin, explique le guide. Aujourd’hui, il y a quatre accès mais à l’époque, il n’y en avait que deux. »

Le passage Pommeraye à Nantes
Le passage Pommeraye à Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes