Nantes : Une soixantaine de migrants occupe un bâtiment désaffecté à Talensac

SOCIAL Les migrants ont pris place depuis une dizaine de jours dans ce bâtiment, qui appartient à l’Asgen (association sportive gaz électricité de Nantes) et qui est situé rue Moquechien

David Phelippeau

— 

Les migrants occupent ces locaux, et en particulier une salle de sport, depuis une dizaine de jours.
Les migrants occupent ces locaux, et en particulier une salle de sport, depuis une dizaine de jours. — D.P. / 20 minutes
  • Depuis une dizaine de jours, une soixantaine d’exilés, dont une grosse quinzaine de femmes et enfants, occupent un bâtiment désaffecté, rue Moquechien, à Talensac.
  • A leur arrivée, il y avait de l’électricité dans l’ensemble du bâtiment, ce qui n’est plus le cas maintenant.
  • La préfecture affirme qu’il n’y a aucun migrant venu du gymnase Jean Bernard, l’inverse est soutenu par l’association L’Autre Cantine.

Assise sur un banc, seule, cette femme peste. « Elle regrette que l’électricité ait été coupée dans une partie des locaux au-dessus… », raconte Adrien, membre de L’Autre Cantine, association de soutien aux migrants. Depuis une dizaine de jours, ils sont une soixantaine d’exilés, dont une grosse quinzaine de femmes et d’enfants, à occuper un bâtiment désaffecté, rue Moquechien, à Talensac. L’espace, qui est la propriété de l’ Asgen (association sportive gaz électricité de Nantes), est composé d’une salle de sports et d’une partie sur deux étages avec des bureaux, dans lesquelles tous les migrants se sont installés.

A leur arrivée, ceux qui viennent d’Erythrée, du Soudan, de Guinée, de Côte d’Ivoire et de Tunisie découvrent avec bonheur un endroit chauffé. « Les lieux étaient inoccupés depuis un an, mais il y avait de l’électricité et du chauffage », précise Juna de l’Autre Cantine. Le plaisir sera de courte durée. « Au bout de quelques jours, le proprio a décidé de couper l’eau chaude, poursuit Adrien de l’asso. L’électricité a aussi été stoppée dans la moitié de l’espace où vivent certains migrants. » Celui où ont pris place les femmes et les enfants.

Une vingtaine de migrants du gymnase Jeanne Bernard ?

Selon l’association L’Autre Cantine, « une grosse vingtaine viennent tout droit du gymnase Jeanne Bernard, à Saint-Herblain », un lieu occupé pendant un an et demi par des exilés qui a été muré début février et qui n’est désormais plus accessible.

Contactée par 20 Minutes, la préfecture de Loire-Atlantique ne donne pas la même version sur le point de chute des exilés de Jeanne Bernard : « Les 603 migrants [qui restaient au gymnase] ont été tous été relogés grâce à un important travail de mobilisation et de recherche de places dans le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile ou vers des structures intermédiaires dans l’attente de places disponibles dans le dispositif national d’asile. Toutes les personnes du gymnase Jeanne Bernard ont été prises en charge et réorientées. Il n’y a donc aucune des personnes de Jeanne Bernard dans le nouveau squat à Talensac. »

Abdel, un Erythréen, dit pourtant faire partie du groupe venu de Saint-Herblain. « Lors du recensement effectué [par l’association France Horizon] en octobre, je n’étais pas présent au gymnase, raconte celui qui a fait une demande d’asile accélérée. Je ne me sentais pas très bien avec la surpopulation, j’ai donc quitté deux ou trois jours le gymnase pour aller me reposer chez des compatriotes… » Résultat : Abdel se retrouve aujourd’hui dans ce nouveau squat de Talensac. « On est une vingtaine à être passé de Saint-Herblain à ici », explique Abdel. « Les gens qui n’étaient pas là lors du recensement d’octobre n’ont pas été pris en charge, regrette Juna de l’asso d’aide aux migrants. Il faut ajouter à cela au moins cinq arrivées sur Nantes par semaine, des exilés qui n’ont ni contact, ni famille. Le problème c’est qu’il n’y a pas de vraie politique d’accueil ici. »

Comme à chaque occupation, une procédure judiciaire devrait être engagée pour réclamer l’évacuation des lieux.