Nantes : Une chaîne humaine autour du lycée Guist’hau pour dénoncer les « violences policières »

REFORME DU BAC Plus de 200 jeunes, enseignants et parents ont réclamé ce jeudi soir le droit à « manifester pacifiquement » contre la réforme du bac

Frédéric Brenon
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Chaîne humaine devant le lycée Guist'hau, le 6 février 2020 à Nantes.
Chaîne humaine devant le lycée Guist'hau, le 6 février 2020 à Nantes. — F.Brenon/20Minutes

Ils sont encore « choqués » par ce qu’il s’était passé le jeudi 30 janvier. Ce jour-là, alors que des lycéens bloquaient le lycée Guist’hau pour contester la tenue d’épreuves de contrôle continu (E3C) du nouveau baccalauréat, la police était intervenue de manière musclée pour libérer l’accès aux salles de cours. Une semaine après ces incidents, plus de 200 personnes ont organisé ce jeudi soir une chaîne humaine autour de cet établissement du centre-ville de Nantes.

Lycéens mais aussi enseignants et parents d’élèves se sont donné rendez-vous. Tous dénoncent l’emploi « disproportionné de la force » et réclament le « droit à contester pacifiquement la réforme du bac ».


« Méthode immédiatement répressive »

« La police est arrivée avec de gros moyens, des casques, des boucliers, face à des jeunes qui manifestaient mais n’avaient aucune envie d’en découdre. Il y n’a pas eu de dialogue. La méthode a été immédiatement très répressive, avec de nombreux gaz lacrymogènes. Personne n’a compris », témoigne Ludovic, enseignant d’histoire-géo au lycée. « Il ne faudrait pas que ça se reproduise à chaque fois dans les lycées qui se mobilisent, explique Arthur, lycéen. On proteste pour nous, parce que cette réforme est injuste et oblige à un bachotage permanent dès la 1ère, mais aussi pour les futurs lycéens. »

En réponse aux critiques, le directeur départemental de la sécurité publique rappelle que l’intervention de la police « ne se fait que sur réquisition explicite du chef
d’établissement ». « S’agissant spécifiquement du lycée Guist’hau, la réquisition a
été renouvelée à plusieurs reprises sur le 17 Police secours », ajoute-il.

La première session des épreuves communes (langues vivantes, histoire géographie, mathématiques dans la voie technologique) du nouveau bac est contestée dans de nombreux lycées français depuis janvier. Des incidents avec dégradations ont parfois lieu, comme aux lycées Jean-Perrin (Rezé) et Bourdonnières (Nantes) cette semaine.