Des nouveaux soutiens pour l'ambitieux projet de cargos à voile de Neoline

INDUSTRIE La start-up nantaise veut révolutionner le transport maritime de marchandises

Frédéric Brenon

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Image du synthèse du cargo à voile Neoliner conçu par la société Neoline.
Image du synthèse du cargo à voile Neoliner conçu par la société Neoline. — Neoline
  • Neoline a passé commande de deux cargos fonctionnant à la force du vent.
  • Le premier voilier sera construit courant 2020 dans le bassin de Saint-Nazaire.
  • Il transportera des marchandises entre la France et les Etats-unis.

D’immenses voiles pour propulser un navire de marchandises transportant jusqu’à 11.000 tonnes. C’est le projet extrêmement ambitieux porté par la start-up nantaise Neoline. Celui-ci n’a rien d’utopique puisque deux premiers cargos ont été commandés en juillet dernier auprès du groupement industriel ligérien Neopolia. Et ce mardi, la crédibilité du projet s’est encore renforcée avec l’annonce de deux nouveaux partenariats.

Le premier soutien est celui d’EDF, qui va aider financièrement Neoline (environ 3 millions d’euros) en contrepartie de la délivrance de certificats d’économie d’énergie. Le second soutien est celui de la Compagnie maritime nantaise, armateur local qui va entrer au capital de Neoline (15 %) et l’assister dans la partie opérationnelle.

Des allers-retours France-Etats-Unis

Côté clients, Renault (pour livrer des voitures), Manitou (pour des engins de manutention), et Bénéteau (pour des bateaux) se sont déjà engagés. D’autres entreprises ont également manifesté leur intérêt pour acheminer des conteneurs. « Le remplissage commercial est suffisant pour lancer la construction du premier navire. Nous entrons désormais dans une nouvelle phase », se réjouit Jean Zanuttini, directeur de Neoline, qui devra régler entre 40 et 50 millions d’euros pour la facture de chaque bateau.

Le cargo à voile de Neoline transportera principalement des véhicules.
Le cargo à voile de Neoline transportera principalement des véhicules. - Neoline

Le chantier, qui s’effectuera en grande partie à Saint-Nazaire, devrait démarrer « ces prochains mois ». Le lancement de la première ligne, elle, est prévu pour 2022. Elle reliera Saint-Nazaire à Baltimore (Etats-Unis) en passant par Saint-Pierre-et-Miquelon et Halifax (Canada). Deux allers-retours par mois sont envisagés.

L’équivalent de 500 voitures

Longs de 136 m et dotés de quatre mâts rabattables, les cargos à voile de Neoline pourraient transporter l’équivalent de 280 conteneurs ou de 500 voitures. Ils navigueront principalement grâce à la force du vent. Un moteur diesel et un pack de batteries seront utilisés uniquement pour les manœuvres portuaires et l’électricité de bord.

« L’objectif est de réduire de 90 % les émissions de gaz à effet de serre d’une traversée océanique. Mais, à moyen terme, ce sont bien des navires à zéro émission que nous cherchons à fabriquer », explique Michel Pery, président de Neopolia et ancien capitaine de la marine marchande. « Ce projet allie ambition industrielle et écologique. C’est une vraie fierté pour notre région », se félicite Christelle Morançais, présidente LR du conseil régional des Pays-de-la-Loire.