Nantes : Une centaine de voyages par jour via le nouveau service covoiturage de la TAN

TRANSPORTS Le dispositif Covoit'tan, qui offre une rémunération aux conducteurs, a été lancé il y a deux mois. Ses débuts sont jugés prometteurs

Frédéric Brenon

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C'est l'application Klaxit qui permet d'accéder au service covoiturage de la TAN.
C'est l'application Klaxit qui permet d'accéder au service covoiturage de la TAN. — F.Brenon/20Minutes
  • La Semitan a lancé son propre service de covoiturage urbain, baptisé Covoit'tan.
  • Un voyage coûte le prix d'un ticket TAN et donne droit aux correspondances avec les bus et tramways.
  • La mise en relation avec les conducteurs s'effectue via une appli mobile.

Deux mois après son lancement, le service covoiturage de la Semitan, inédit à l’échelle française, réalise un « démarrage très prometteur », juge Olivier Le Grontec, directeur général de l’entreprise nantaise de transport. Un peu plus de 5.200 personnes sont déjà inscrites comme conducteur ou passager via l’application mobile Klaxit, prestataire du dispositif baptisé Covoit’Tan. Et une centaine de voyages par jour sont effectivement réalisés en moyenne (80 par jour avant le 31 décembre). Rien d’impressionnant a priori, sauf que l’objectif à atteindre fin 2020 était de 200 voyages par jour. « On est donc largement dans les temps », constate le directeur.

« C’est vraiment un bon début car le covoiturage urbain n’a pas vraiment trouvé son modèle économique, contrairement au covoiturage inter-cités popularisé par Blablacar, complète Pascal Leroy, directeur commercial de la Tan. Il faut maintenant laisser le temps à la population de s’approprier le dispositif. On mène également un travail d’information auprès des entreprises qui peuvent être un levier de développement important. Des grosses sociétés s’apprêtent d’ailleurs à adhérer au service. »

Pour le prix d’un voyage en tramway

Le nombre de conducteurs enregistrés s’élève, pour l’heure, à 1.500. La Tan estime qu’il lui en faudrait 5.000 pour que Covoit’tan exprime son plein potentiel. Quant aux utilisateurs qui chercheraient des failles au système afin de percevoir une rémunération indue, la TAN se dit « vigilante ». « Klaxit fait des contrôles de trajets en regardant, notamment, les données GPS. Elle est présente sur d’autres villes et a donc une certaine expérience des comportements déviants », indique Pascal Leroy.

Pour rappel, les passagers paient l’équivalent d’un voyage en tramway (gratuit avec l’abonnement illimité, 1,51 euro avec le pass LiberTan et 2 euros pour les autres), tandis que les automobilistes sont rémunérés 2 euros par personne transportée pour un trajet d’au moins deux kilomètres. La mise en relation s’effectue via l’application mobile. L’embarquement et la dépose des voyageurs ont lieu à des arrêts prédéfinis. Le paiement du dispositif donne droit aux correspondances habituelles du réseau des transports. L’usage est, pour l’instant, limité à un aller-retour par jour. Mais la fréquence devrait être augmentée à partir de mars.

En fin de semaine dernière, la candidate LR à la mairie de Nantes, Laurence Garnier, avait estimé qu’il fallait être plus ambitieux en matière de covoiturage. Et a promis, en cas d’élection, d’augmenter la rémunération du conducteur Covoit’tan de 2 à 3 euros afin de motiver davantage les automobilistes.