Nantes : Le centre-ville se réveille groggy après les violences de samedi

MANIFESTATION La manifestation de samedi après-midi a dégénéré en violences en raison de la présence d’environ 500 casseurs

F.B. avec AFP

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Des casseurs jettent des chaises sur les forces de l'ordre dans le quartier Bouffay, samedi 7 décembre 2019 à Nantes.
Des casseurs jettent des chaises sur les forces de l'ordre dans le quartier Bouffay, samedi 7 décembre 2019 à Nantes. — L.Venance/AFP

La seconde manifestation de la semaine contre le projet de réforme des retraites a été le théâtre de violences samedi après-midi en centre-ville de Nantes. Près de 3.000 personnes (2.800 selon la préfecture) ont défilé à l’appel de plusieurs syndicats et associations. Mais près de 500 casseurs généralement masqués et vêtus de noir ont occupé les avant-postes du mouvement et des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre avant même le départ de la marche. La préfecture les présente comme des « radicaux de l’ultragauche et des black blocs ». « Ce sont ces ultras qui commettent les violences », affirme-t-elle.

Les tensions ont duré une bonne partie de l’après-midi, certaines rues se trouvant parfois submergées de gaz lacrymogène. Au moins trois vitrines ont été brisées, de même que du mobilier urbain et des éléments de chantier. Une pelleteuse a été incendiée cours des 50-Otages. Des parasols et chaises de commerçants ont également été dérobés pour être lancés sur les policiers, notamment rue de la Paix. Les dégâts auraient pu être plus importants si de nombreux commerces n’avaient pas pris la peine de protéger leurs vitrines par des palissades en bois.

Les animations de Noël perturbées

Ces violences se déroulaient alors que le centre-ville accueillait beaucoup de visiteurs en raison des animations de Noël. Le marché de Noël équitable, installé au pied du Carré Feydeau, a dû fermer, ses portes. La place du Bouffay et son manège ont été évacués. Dans les allées du marché de Noël des places Royale et Commerce, l’inquiétude était également palpable. Dégoûtée, la CGT a même préféré interrompre la manifestation officielle vers 16 h.

Au final, deux manifestants ont été interpellés, précise la préfecture, qui ajoute que trois policiers auraient été blessés. Sur Twitter, le collectif Nantes Révoltée évoque aussi « beaucoup de blessés » chez les manifestants.

Dans un communiqué, la maire de Nantes, Johanna Rolland, « condamne avec la plus grande fermeté ces actes inacceptables ».

Jeudi matin, plus de 20.000 personnes avaient manifesté dans les rues de Nantes contre le projet de réforme des retraites. Des affrontements avaient eu lieu avec les forces de l’ordre pendant plusieurs heures à l’issue de la manifestation.