Grève du 5 décembre : Plus de 20.000 manifestants à Nantes, « ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça »

SOCIAL Ce jeudi matin, la moblisation contre la réforme des retraites a rassemblé un nombre important de manifestants dans les rues de Nantes

Julie Urbach

— 

Le 5 décembre 2019 - La manifestation à Nantes a réuni 25.000 personnes
Le 5 décembre 2019 - La manifestation à Nantes a réuni 25.000 personnes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • A Nantes, environ 25.000 personnes ont battu le pavé ce jeudi matin selon les syndicats.
  • Une mobilisation particulièrement massive qui a été émaillée de quelques incidents.

Le miroir d’eau, noir de monde jusqu’à Duchesse-Anne une heure avant le départ, annonçait que la mobilisation allait être plus massive que d’habitude. A l’occasion de la grève du 5 décembre, très suivie dans tout le pays, plus de 20.000 personnes (25.000 selon les syndicats) ont participé à la manifestation nantaise, qui s’est élancée vers 11h30 dans un froid glacial. « Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça à Nantes, se félicite Fabrice David secrétaire départemental de la CGT. Au moins depuis 2016, à l’occasion de la première journée de mobilisation contre la loi travail. Aujourd’hui, c’était une très belle mobilisation qui s’est globalement bien déroulée, et qui a réuni une grande diversité de personnes. »

Tous parés de bonnet ou de gants, des milliers de fonctionnaires, employés du privé, enseignants, lycéens, retraités, ont donc déambulé contre la réforme des retraites, au son des slogans et des fanfares. « La retraite par points, c’est un vrai retour en arrière, la fin de la solidarité », s’insurge Denis, 54 ans, qui travaille chez EDF. « Nous allons devoir travailler jusqu’à je ne sais pas quel âge alors que c’est déjà très dur en tant qu'étudiants, pour payer notre loyer et les frais de la vie quotidienne », assure Emma, étudiante en BTS à Cholet, qui manifestait pour la première fois.

Des pompiers pour contenir les débordements

Fait rare mais très symbolique, un cortège d’une centaine de pompiers en tenue a ouvert la marche, en remontant avec les représentants syndicaux le cours Saint-Pierre. « Nous dénonçons la non-reconnaissance des risques de notre métier, et ses conséquences sur notre retraite qui est de fait complètement ridicule, explique l’un d’eux, casque sur la tête. Nous sommes aussi là dans le but de sécuriser la manifestation, et dissuader les blacks blocs. »

Malgré ces précautions et une ambiance bon enfant, plusieurs moments de tension ont éclaté en marge du défilé. Quelques vitrines ont été brisées, ainsi que du mobilier urbain. Les forces de l’ordre ont fait usage de leur canon à eau, après avoir été la cible de projectiles, et ont tiré de nombreux gaz lacrymogènes. Ce qui n’a pas empêché une grande partie des manifestants de rester sur place pour casser la croûte, pour danser autour d’un mur de son pour les plus jeunes. Des affrontements entre petits groupes et forces de l'ordre ont continué jusqu'à la fin de l'après-midi. Selon les chiffres de la préfecture, 23 personnes ont été interpellées. Elle indique que 11 fonctionnaires de police ont été blessés.

Nouvelle manifestation samedi

L’intersyndicale a déjà appelé à se joindre à une manifestation prévue samedi, à 14h, de nouveau au départ du miroir d’eau. « Tout ce monde, c’est de bon augure pour la suite, assure Jean Brunacci, leader de Solidaires. Le gouvernement doit prendre la mesure de la colère qui s’exprime contre sa réforme et sa politique antisociale. »

Ses représentants se réuniront vendredi après-midi à la maison des syndicats pour évoquer ensemble les suites du mouvement avec de nouvelles actions « dès la semaine prochaine ». Ce matin, 10.000 personnes ont également défilé à Saint-Nazaire.