Nantes : La reprise des essais de la chaufferie Californie ravive l'inquiétude des riverains

ENVIRONNEMENT Les réglages de la chaudière bois contestée ont repris cette semaine entre Rezé et Bouguenais

Frédéric Brenon
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La chaufferie Californie, près du quartier Trentemoult à Rezé.
La chaufferie Californie, près du quartier Trentemoult à Rezé. — F.Brenon/20Minutes
  • La chaufferie Californie fournit de la chaleur aux logements et bâtiments publics.
  • Sa mise en service est contestée par un collectif d’habitants.
  • D’épaisses fumées ont été rejetées début novembre lors de la première campagne d’essais.

Les essais de la chaudière bois de la chaufferie Californie, entre Trentemoult (Rezé) et Les Couëts (Bouguenais), aux portes de Nantes, ont repris mardi, fait savoir Nantes métropole. La première campagne d’essais, menée du 4 au 7 novembre sur cet équipement fonctionnant seulement au gaz depuis trois ans, avait été marquée par des émissions de fumées importantes, notamment une épaisse fumée noire le 7 au matin, laquelle avait incité la directrice de l’école Jean-Jaurès à faire rentrer ses élèves alors en récréation.

Nantes métropole explique que ces rejets « temporaires » sont dus aux réglages normaux des installations. Des pics d’émission aux particules fines (PM 10) ont bien été constatés par les stations de mesure du secteur, mais sans dépassement du premier niveau d’alerte (seuil d’information et de recommandation), assure la collectivité.

Par ailleurs, le lien entre ces pics et la chaudière bois n’est pas établi, selon Nantes métropole, dans la mesure où d’autres pics d’émissions aux particules fines ont été recensés après l’arrêt de la chaudière. Une seule élévation de PM10 a été constatée depuis la reprise des essais mardi.

Les riverains ne sont pas rassurés

Pas de quoi rassurer les habitants réunis en collectif qui demandent toujours la « suspension de la mise en service de la chaudière bois », une « plus grande transparence sur le contenu des essais et leurs conséquences » ainsi qu’une « étude approfondie de la qualité de l’air à Trentemoult et aux Couëts ».

« Ce que nous savons des particules fines rejetées est déjà inquiétant. Mais nous n’avons aucune information sur les autres rejets polluants de la chaudière, comme les métaux lourds contenus dans le bois », s’alarme Yannick, membre du collectif. « A la Trocardière, les réglages de la chaufferie ont duré plus de deux ans. Et elle dégage encore des fumées épaisses qui gênent les habitants », complète Jean-Claude, autre membre du collectif.

Interruption en cas de pollution ?

Sollicité par 20 Minutes, le maire de Rezé, Gérard Allard (PS), rappelle que sa « vigilance est constante sur ce sujet ». Il affirme aussi ne pas « écarter la possibilité de prendre un arrêté » interrompant l’activité de la chaufferie « si des faits de pollution étaient avérés ».

La chaudière bois de Trentemoult a la capacité de brûler l’équivalent de 9.000 tonnes par an. Le bois provient de récoltes en forêt, du recyclage de palettes ou cagettes non traitées, de produits d’élagage ou de déchets verts. L’ensemble de la chaufferie Californie alimente le réseau de chaleur Centre Loire et dessert en chauffage et en eau chaude des logements et bâtiments de l’île de Nantes, de Pirmil ou du quartier Saint-Jacques. Elle est censée fonctionner uniquement de novembre à avril, selon les besoins de chaleur.