Nantes : Les nouveaux e-busways tiennent-ils leurs promesses ?

TRANSPORTS Ces véhicules électriques XXL sont de plus en plus nombreux sur la ligne 4

Julie Urbach

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Un ebusway électrique à la station Foch, à Nantes
Un ebusway électrique à la station Foch, à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Les e-busways rentrent progressivement en service sur la ligne 4.
  • Plus jolis ? Plus écolos ? Plus spacieux ? On est allé voir ce que ça donnait.

On parlait d’eux depuis plusieurs années. Avant la disparition totale des vieilles rames jaunes et noires (qui officieront sur le C5), un peu retardée mais prévue dans les prochaines semaines, les nouveaux e-busways sont de plus en plus visibles depuis la rentrée sur la ligne 4 à Nantes. A ce jour, ils sont une dizaine. A terme, fin 2019, ils seront jusqu’à 18 à circuler en même temps. Ces gros joujoux à 45 millions d’euros (au total) tiennent-ils leurs promesses ? C’est ce que l’on a voulu vérifier.

Plus jolis ? Assurément oui

Sur ce point, les voyageurs rencontrés sont unanimes : les nouvelles rames sont bien plus jolies que les précédentes. Il faut dire que sur l’aspect extérieur, la Semitan, en partenariat avec le Voyage à Nantes, a tapé fort en proposant à 22 artistes de relooker une rame chacun, comme s’il s’agissait d’une « toile mobile ».

« Le résultat est très sympa, ça permet d’habiller un peu ces bus qui sont vraiment mastocs », constate Louise, une étudiante habituée de la ligne 4. A l’intérieur, c’est aussi « très beau », voire « apaisant », confient certains voyageurs. « La lumière est agréable, les couleurs sont top !, estime Julien, qui trouve malgré tout que les sièges sont moins confortables. Il y règne une ambiance beaucoup plus saine. » Les prises USB sont bien appréciées.

Plus écolos (et ce qui va avec) ? Ça va le faire

Grosse innovation de ces nouveaux véhicules, leur fonctionnement 100 % électrique. Pour ce faire, les premiers bras de recharge ont été installés aux terminus (place Foch et Porte de Vertou) avant la mise en service prochaine des deux points intermédiaires (Beaulieu et Gréneraie). En à peine deux minutes, le bus fait le plein d’énergie et repart, sans que les passagers ne s’aperçoivent de quoi que ce soit.

Si la direction de la TAN ne souhaite pas encore communiquer un premier bilan, plusieurs avaries ont été constatées, rapportent les syndicats. « Des véhicules ont dû repartir au dépôt à cause de problèmes de charge », avance Didier Sauvêtre, délégué CFDT. « Il y a eu d’autres petits soucis, comme la plateforme qui se bloque en se dépliant, mais rien d’inquiétant, surtout que l’on a encore les anciens busways sous la main en cas de besoin », continue le représentant syndical, qui indique que la prise en main par les conducteurs, tous formés, s’est faite sans encombre. Les voyageurs, eux, font état de « quelques bugs » mais surtout de trajets « plus silencieux ». « Mais on entend d’autres bruits : les grincements, la route… », note un habitué de la ligne. Des sons auparavant masqués par celui du moteur.

Plus spacieux ? Oui mais déjà trop petits…

Long de 24 mètres, ce bus conçu par le constructeur suisse Hess peut transporter jusqu’à 150 personnes, soit 40 de plus que les anciens (mais deux fois moins qu’un tramway). Pas encore assez grand pour de nombreux voyageurs qui se plaignent déjà de rames surchargées aux heures de pointe… « A Cité des congrès, je dois parfois en laisser passer car impossible de monter dedans ! », décrit Sylvie, 47 ans. Même constat pour Thomas, qui prend son bus à Duchesse-Anne pour rentrer chez lui au Clos-Toreau. « Pour ne pas me retrouver avec trop de monde, je préfère remonter à pied jusqu’à Foch, témoigne le trentenaire. Parfois, il y a même des places assises. »

Didier Sauvêtre, de la CFDT, est du même avis. « Du fait de l’urbanisation, des nouvelles écoles qui vont s’installer sur l’île de Nantes et du nouveau P+R de Vertou, on craint que la ligne soit vite saturée. » Prudente, la direction de la TAN n’envisage aucun premier bilan avant la mise en service de l’ensemble des e-busways.