Loire-Atlantique : Bio et locale, la bière Tête Haute se veut aussi solidaire

ALCOOL A Couffé, à l'est de Nantes, Samuel et Fabien Marzelière brassent des bières 100% bio, produisent leur propre houblon et emploie des salariés en insertion

Frédéric Brenon

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Samuel Marzelière, cofondateur de la brasserie bio Tête Haute à Couffé (Loire-Atlantique).
Samuel Marzelière, cofondateur de la brasserie bio Tête Haute à Couffé (Loire-Atlantique). — F.Brenon/20Minutes
  • Installée à Couffé, la brasserie Tête Haute décline sept variétés 100 % bio.
  • Deux emplois en insertion ont été créés. Un troisième est prévu en mars.
  • Tête Haute est l’une des 40 brasseries invitées par le premier festival « Nantes sous pression ».

Le nombre de brasseries artisanales explose mais Nantes n’avait pas encore de festival indépendant qui leur était consacré. L’oubli est réparé avec la première édition de « Nantes sous pression » jusqu’à dimanche. Parmi les 40 brasseurs invités, un Ligérien se distingue par son concept plutôt ambitieux et atypique : Tête Haute, basé à Couffé, près d’Ancenis.

Lancée il y a deux ans par deux frères trentenaires en recherche d’un projet professionnel « motivant et ayant du sens », leur brasserie se démarque tout d’abord par une gamme (sept variétés) 100 % bio. « Il y a une demande grandissante des consommateurs et c’est cohérent avec ce qu’on défend », justifie Samuel Marzelière, cofondateur avec Fabien, son cadet. L’inconvénient, c’est que les matières premières (céréales, épices…) sont « en moyenne 30 % plus chères » en bio. « Ça nous oblige à tout calculer au plus juste pour que nos prix soient abordables*. La bière doit rester un produit convivial et populaire. »

Une houblonnière au Cellier

Autre particularité : Tête Haute cultive son propre houblon, sur une surface de 2,5 ha, au Cellier, alors que la plupart des brasseurs choisissent de l’importer. « Dans la famille, on a toujours connu les vendanges. On voulait garder ce pied dans l’agriculture mais on ne connaissait rien au houblon, qui est une plante grimpante assez particulière. On a appris les bases chez l’un des rares producteurs de l'Ouest, à Bourgneuf-en-Retz, et on s’est lancé. On peut dire que notre bière est vraiment issue du terroir. Et puis ça nous évite d’être dépendant d’une filière houblon limitée. »

Troisième originalité : Tête Haute est la première brasserie artisanale d’insertion en France. Deux personnes, en rupture avec l’emploi, y travaillent à temps plein. Elles seront trois à partir de mars. « On participe au brassage, au conditionnement, aux livraisons. On va même dans la houblonnière. C’est parfois difficile mais on apprend beaucoup de choses », se félicite Marie, 57 ans. « L’idée c’est de leur mettre le pied à l’étrier, leur donner des compétences polyvalentes pour se relancer. Tout le monde y gagne. Ce volet du projet nous tenait particulièrement à cœur », justifie Samuel Marzelière.

Un marché porteur

Ces spécificités, accentuées par des bouteilles consignées, auraient pu constituer un handicap au développement de l’activité. Les banques ont d’ailleurs été « très difficiles à convaincre » au départ, se souvient l’entrepreneur. Mais les ventes sont aujourd’hui « très encourageantes ». Distribuées principalement dans des enseignes spécialisées, les bières Tête Haute sont parvenues également à se faire remarquer lors de festivals (La Folie des plantes, Les Rendez-vous de l’Erdre, Le Voyage à Nantes…).

Il faut dire que le marché est porteur. « L’image de la bière évolue, se réjouit Samuel Marzelière. Les bières artisanales gagnent des parts de marché sur l’industrie. Il y a une nouvelle génération de consommateurs, connaisseurs et exigeants, qui recherchent un produit noble, qualitatif et, si possible, local. On s’inscrit pleinement là-dedans. »

* De 4,50 euros à 5,90 euros la bouteille de 75 cl

« Nantes sous Pression », mode d’emploi

La première édition du festival indépendant de la bière artisanale propose depuis mercredi plusieurs animations dans des bars nantais. Mais le temps fort est prévu samedi et dimanche au Solilab, sur l’île de Nantes. Rencontres, conférences, ateliers et, surtout, dégustation sont au programme. De 6 à 7 euros l'entrée.