Un gérant de la supérette condamné pour avoir vendu bière et vodka à deux collégiens

A Nantes, Guillaume Frouin

— 

Extrait du spot télé du gouvernement contre l'alcoolisation des jeunes
Extrait du spot télé du gouvernement contre l'alcoolisation des jeunes — DR

Une décision rarissime. Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné mardi matin le gérant d’une supérette pour «vente d’alcool à un mineur de 16 ans». Ce dernier avait vendu de la bière et de la vodka à deux collégiens d’à peine 15 ans le 8 avril dernier à Indre (Loire-Atlantique). Arnaud et Jordi avaient vidé leurs bouteilles le lendemain matin, juste avant d’aller en cours.

1.28 g d’alcool par litre de sang

Le premier, qui avait fait un «quasi-coma éthylique», avait été hospitalisé trois jours au CHU de Nantes. Cinq heures après, il avait encore 1.28 g d’alcool par litre de sang. Son copain culminait lui à 0,99 g..

«Aucune de mes caissières n’ignorait l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs», s’est défendu ce mardi matin Alain Chenais, 58 ans, qui a depuis cessé ses fonctions de responsable de la supérette Netto. «Mais on ne peut pas rappeler sans cesse ces consignes tous les matins. La caissière qui a vendu les bouteilles a commis une bêtise, inexcusable, qu’elle a d’ailleurs reconnue.»

Le père de l’adolescent hospitalisé à reçu 300 € de dommages et intérêts pour le préjudice moral subi, là où son avocat en réclamait 500 €. Même topo pour son fils. «Il a été particulièrement choqué par son alcoolisation et les conséquences qu’elle a pu avoir», justifie leur avocat, Me Antoine Barrière. «Arnaud connaît également un sentiment de culpabilité très fort.»

Le gérant de la supérette a écopé au final d’une amende de 300 €, là où le parquet avait requis une amende de 350 €.