FC Nantes-ASSE : « Etre dans l’ombre me va très bien », avoue Bonnevay, adjoint de Puel

FOOTBALL Le FC Nantes reçoit Saint-Etienne, dimanche (17h). Sur le banc stéphanois, Claude Puel mais aussi son adjoint Jacky Bonnevay, passé par la Jonelière (2009-2011)

David Phelippeau

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Jacky Bonnevay (à gauche) avec Mahdi Camara.
Jacky Bonnevay (à gauche) avec Mahdi Camara. — ASSE
  • Dimanche (17 heures), à la Beaujoire, les Canaris accueillent l’AS Saint-Etienne de Claude Puel et son adjoint, Jacky Bonnevay.
  • Jacky Bonnevay, directeur du centre de formation au FCN en 2009-2010, évoque pour « 20 Minutes » sa conception du rôle d’adjoint.

« C’est le destin qui fait que j’ai eu ce type de carrière. » Jacky Bonnevay, l’adjoint de l’entraîneur de Saint-Etienne Claude Puel, en a vu du pays. L’ancien footballeur des années 1980-1990 a écumé les bancs de pas moins de treize clubs/sélections depuis 1996. Pas étonnant qu’il retrouve finalement un de ses ex, dimanche, avec le  FC Nantes où il a passé deux ans (2009-2011) en tant que d’abord directeur du centre de formation puis un simple rôle d’observateur. « Ce fut une étape… », se contente seulement de dire l’adjoint de Puel, qui affirme « s’être très bien entendu avec la famille Kita ». Jacky Bonnevay (58 ans) préfère développer sa vision du rôle d’adjoint, partagé avec László Bölöni, Gernot Rohr, Vahid Halilhodzic et désormais Claude Puel.

Est-ce un choix d’avoir autant « bourlingué » ?

C’est le destin qui a fait que j’ai eu ce type de carrière, mais j’aime aussi découvrir et faire des choses nouvelles. Je ne suis pas un carriériste, mais je suis guidé par les coups de cœur et les aventures humaines. Après, parfois quand on est entraîneurs, on est obligés d’accepter certaines choses…. J’aurais préféré par exemple ne pas être viré de Troyes (2002). J’aurais bien voulu rester à Leicester (2018-2019) car Claude Puel avait fait une équipe formidable là-bas. D’ailleurs, actuellement, le club est 3e du championnat anglais avec beaucoup de joueurs recrutés par Claude.

Pourquoi avoir choisi d’être adjoint après avoir été entraîneur aussi longtemps (12 ans) ?

Après Niort (2007-2008), j’avais dit que je ne souhaitais plus être l’entraîneur principal d’une équipe professionnelle. Je voulais prendre du recul. J’avais décidé que je travaillerais soit à la formation, soit comme assistant.

Quelle est la qualité indispensable pour être numéro 2 ?

Il faut s’adapter et si ça ne convient pas, on s’en va. Je n’avale pas beaucoup de couleuvres car j’ai un caractère qui fait que j’ai ma liberté. Ce sont des choix de vie de travailler avec quelqu’un. Soit on est un assistant béni-oui-oui qui n’apporte rien et qui est toujours d’accord pour avoir la paix sociale, ou on donne son avis s’il nous sollicite en intégrant bien que le coach peut avoir un avis différent.

Est-ce si compliqué d’être l’adjoint de Vahid Halilhodzic (Trabzonspor en 2014 et Japon en 2015-2018) ?

J’ai passé quatre ans et demi avec Vahid. Ça dépend. On n’a pas toujours été d’accord, mais on a assez bien fonctionné. Le principal, je le répète, c’est de savoir s’adapter. Je suis régulièrement en contact avec lui.

N’est-ce pas dur de rester dans l’ombre alors que vous avez été dans la lumière en tant que numéro 1 pendant plus de dix ans ?

Vous croyez qu’à mon âge j’ai envie d’être sur la photo et je regrette d’être dans l’ombre ? Je suis très épanoui dans ce métier d’assistant. Ne pas être dans la lumière me va très bien.

Et au coach, vous donnez votre avis quand même ?

Que si on me le demande… Je suis toujours derrière l’avis de l’entraîneur car je connais la difficulté et la fragilité du poste. La plupart des gens compliqués sont ceux qui n’ont jamais entraîné et qui pensent qu’ils savent.

Mais l’échange est important non ?

Oui, mais trop échanger peut-être intrusif pour un entraîneur. Il y a un minimum de discrétion à avoir. Par exemple, je n’ai jamais demandé la composition d’équipe à l’entraîneur principal. S’il ne m’en parle pas, je la découvre sur le tableau noir comme les joueurs, et ça ne me dérange pas du tout. Vous savez, j’ai été entraîneur. Un adjoint en donnant son avis peut mettre le doute dans la tête du coach. Si Claude [Puel] veut mon avis, je lui donne. S’il ne me demande pas, c’est que c’est fluide dans sa tête et qu’il n’en a pas besoin.