VIDEO. Nantes : Que se passe-t-il derrière les bâches de l'emblématique église Notre-Dame-de-Bon-Port ?

PATRIMOINE Plus de deux ans de travaux de restauration sont en cours sur le célèbre monument nantais

Julie Urbach

— 

L'église Notre-Dame-de-Bon-Port à Nantes est en travaux jusqu'à fin 2020
L'église Notre-Dame-de-Bon-Port à Nantes est en travaux jusqu'à fin 2020 — Ville de Nantes
  • Construit entre 1846 et 1858, l'édifice religieux classé au titre des Monuments historiques nécessite d'être rénové.
  • Le chantier se concentre notamment à l'extérieur et à l'intérieur de l'imposant dôme.

Les touristes de passage à Nantes repartent souvent avec une photo de son imposant dôme, au centre d’un anneau de Buren. Mais depuis un an, la traditionnelle vue du quai de la Fosse prise depuis le Hangar à bananes est un peu entachée par des échafaudages. L’emblématique église Notre-Dame-de-Bon-Port, propriété de la ville et classée monument historique depuis 1975, subit en effet de lourds travaux de rénovation jusqu’à la fin de l’année 2020. Le chantier se concentre notamment sur le tambour et sa coupole de 20 m de diamètre, à rénover à l’extérieur comme à l’intérieur.

Malgré de précédents travaux, le bâtiment vieux de 160 ans est abîmé par le temps et les intempéries. Derrière les bâches blanches, à 40m de hauteur, les ouvriers remplacent l’intégralité de la couverture, en alternant comme à l’époque, ardoises et zinc. « Seize lucarnes, qui avaient disparu au fil du temps, ont été reconstruites à l’identique, ajoute Patricia Jaunet, architecte du patrimoine. Elles permettent de décorer le dôme mais aussi de valoriser les vitraux à l’intérieur, qui étaient sales et mal éclairés. »

Les passants pourront s’en apercevoir et les voir dépasser dès le mois de janvier prochain, quand les échafaudages du haut seront retirés. D’ici là, corniche en pierre et charpentes en bois, infiltrées d’eau, vont être remplacées.

A l’intérieur aussi

A l’intérieur de l’édifice, évidemment fermé au public pendant les opérations, les travaux vont aussi bon train. Il faut gravir plusieurs centaines de marches de l’échafaudage pour découvrir une longue frise circulaire de 140 personnages, peinte directement sur la pierre, qui est en cours de restauration. « L’épais vernis a pris la poussière et on distingue les joints, constate Tristan Mahéo, restaurateur de peinture murale. Il faut faire très attention, n’utiliser aucun solvant, car la peinture à l’époque a été réalisée à la cire. » Un peu plus haut, les seize vitraux, revenus de l’atelier, sont désormais flambant neufs. Et juste en dessous de la coupole, les opérations de désencrassage sont lancées, afin de redonner vie à ce spectaculaire ciel étoilé peint à l’huile.

Au total, cinq millions d’euros ont été investis pour ce chantier d’ampleur, sur lequel travaillent en permanence entre 10 et 20 personnes (maçons, menuisiers, peintres…). En parallèle, le grand orgue (lui aussi classé au titre des monuments historiques depuis 2014) se refait une beauté. Les architectes du patrimoine espèrent ne pas avoir à programmer de nouvelle restauration de cette ampleur à Notre-Dame-de-Bon-Port avant 150 ans au moins.