FC Nantes-Paris FC : Gardes du corps, feux au club, vestiaire divisé… Denis Renaud raconte son court contrat au PFC

FOOTBALL Le FCN accueille le Paris FC, ce mercredi soir (21h05), à la Beaujoire, en 16e de finale de la Coupe de la Ligue. L’occasion de revenir avec Denis Renaud, ex-coach de Carquefou, sur son licenciement du club parisien en 2015

David Phelippeau

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Denis Renaud.
Denis Renaud. — FRED TANNEAU / AFP
  • Les Canaris accueillent le Paris FC (Ligue 2) ce mercredi soir (21h05) en 16e de finale de la Coupe de la Ligue.
  • Denis Renaud, ancien entraîneur de Carquefou, évoque pour la première fois son licenciement du club parisien en 2015.

Pour la première fois, il en parle publiquement. A l’occasion de la venue du Paris FC à la Beaujoire ce mercredi soir (21h05) en 16e de finale de la Coupe de la Ligue, Denis Renaud (45 ans), qui s’est fait un nom lors de l’incroyable épopée de Carquefou en Coupe de France en 2008, a accepté de revenir sur sa très courte expérience dans le deuxième club parisien lors de la saison 2015-2016. « Je n’en ai pas parlé beaucoup avant car les mauvaises langues auraient dit que je me trouvais des excuses », justifie celui qui est en quête d’un banc depuis son licenciement en février 2018 de Niort (L2).

Dans la Capitale, l’expérience de Denis Renaud a duré à peine six mois. Il y arrive en juin 2015. Un an après le retrait du championnat de National de son club, Carquefou, qu’il a coaché pendant douze années. « C’était mon premier saut dans le monde pro. A Carquefou, j’avais déjà été sollicité par cet univers, mais je voulais rester fidèle au projet et aux personnes. » Pierre Ferracci, président du PFC, fait partie de ses courtisans pendant ces années. « Après avoir pris un an de recul, j’étais dos au mur, il fallait que je me lance. Je voulais me prouver des choses, montrer que je pouvais partir de la région. »

Des conditions de travail compliquées

Juin 2015, il dit enfin oui à Pierre Ferracci, « tout en sachant que j’allais au feu car ce n’est pas simple d’entraîner en région parisienne ». Ses craintes se vérifient très vite. Les conditions de travail ne sont pas dignes d’un club pro. « On s’entraînait dans une plaine de jeux ouverte à tout le monde, il n’y avait pas de bureaux, des vestiaires simplistes », énumère Denis Renaud, qui loue « le travail de fond » effectué depuis par Ferracci avec notamment la construction d’un nouveau centre d’entraînement à Orly. « Les joueurs avaient des contraintes de déplacement, ce qui entraînait des retards. »

Sportivement, le PFC accède tout juste à la L2 avec Christophe Taine, lequel n’a néanmoins pas été conservé. « On m’avait dit à mon arrivée que certains joueurs qui avaient participé à la montée partiraient… » Ce ne fut pas le cas. Denis Renaud doit travailler avec un groupe composé de près de 35 joueurs. « Un vestiaire divisé entre ceux qui étaient montés en L2 et ceux qui arrivaient. »

Deux gardes du corps à ses côtés

Alors qu’il gérait tout de A à Z à Carquefou, le technicien prétend ne pas avoir fait le recrutement. Ses relations avec le directeur sportif Alexandre Monnier se tendent très vite. « Il y avait deux très jeunes personnes aux postes clés de coach et DS, avoue Denis Renaud, qui ne souhaite pas s’exprimer sur son ancien collaborateur. Et c’est là que je me dis que cette expérience est arrivée trop tôt dans ma jeune carrière. Il m’a manqué un Pierre Dréossi, qui est en poste maintenant au PFC. »

En Ligue 2, le promu parisien ne gagne pas, mais ne perd pas beaucoup non plus. Les dix matchs nuls ne font cependant pas avancer le club au classement. « Et puis, il s’est passé des choses… » Denis Renaud ne veut pas déterrer « des choses enfouies » en lui et préfère passer sous silence les incendies du car du club, de la salle de musculation, des vestiaires. Il ne préfère pas trop se demander si on lui en voulait parce qu’il ne faisait pas jouer certains éléments locaux. En attendant, il prétend « ne jamais avoir eu peur » et garde un souvenir impérissable de l’appel téléphonique du président Ferracci qui lui indiquait qu’il allait être flanqué de deux gardes du corps. « Ça te change de ton petit confort carquefolien », sourit Renaud.

Il a gagné devant les Prud'Hommes

Fin novembre, l’annonce de son limogeage est vécue comme un « tsunami » personnel. « Ça reste un moment douloureux. C’était mon premier licenciement. » Encore aujourd’hui, il ne cherche pas à se dédouaner : « Un entraîneur est toujours responsable des victoires, mais aussi des défaites », martèle celui qui estime avoir « manqué d’expérience » et regrette « de ne pas avoir posé ses conditions à son arrivée ».

En juillet 2017, Denis Renaud a gagné devant le Conseil des Prud’Hommes face au PFC. Le club parisien a été condamné pour licenciement abusif à lui verser 200.000 euros. « Ce fut une vraie expérience de vie, conclut le technicien, qui croit fermement au PFC actuel du président Ferracci. Tu ressors plus fort après ça. »