Aéroport de Nantes : Le choix de l’Etat pour le projet de réaménagement dévoilé ce lundi

AÉROPORT Les riverains attendent l'annonce avec anxiété, craignant des nuisances sonores supplémentaires

Manuel Pavard

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L'évolution de la pistes est l'enjeu le plus sensible du projet de réaménagement de l'aéroport de Nantes.
L'évolution de la pistes est l'enjeu le plus sensible du projet de réaménagement de l'aéroport de Nantes. — Sébastien Salom Gomis / SIPA
  • Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat aux transports, se rendra ce lundi à Nantes pour annoncer le choix du gouvernement sur le réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique.
  • Principal enjeu, le devenir de la piste avec plusieurs options qui pourraient, selon les riverains, aggraver les nuisances sonores aériennes.
  • Le projet devra également trancher entre la modernisation ou la création d’une nouvelle aérogare et se prononcer sur l’interdiction des vols de nuit.

Cette fois, c’est le jour J ! Après deux mois de concertation publique – achevée le 31 juillet – et des semaines de polémiques et rumeurs en tous genres, le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, se rendra à Nantes ce lundi pour y « présenter les modalités d’aménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique retenues suite à la concertation ».

Le choix du gouvernement sera dévoilé en avant-première aux élus des communes concernées, de la Région, du Département et de la Métropole, avant d’être rendu public lors d’une conférence de presse. Une annonce attendue avec anxiété par les riverains de l’aéroport, qui redoutent une aggravation des nuisances sonores aériennes.

Un aéroport au bord de la saturation

Un peu plus d’un an et demi après l’abandon du projet de transfert à Notre-Dame-des-Landes, l’aéroport de Nantes est en effet au bord de la saturation. Le futur projet de réaménagement devra ainsi répondre à la croissance exceptionnelle du trafic, avec un chiffre record de 7 millions de passagers pour l’année 2019, selon les estimations du concessionnaire Vinci Airports.

Si rien n’a encore filtré sur la décision de l’État – malgré les affirmations du Coceta (Collectif des citoyens exposés au trafic aérien) mercredi dernier –, plusieurs options sont en balance. L’enjeu majeur concerne l’évolution de la piste, point particulièrement sensible car directement lié aux nuisances sonores pour les populations survolées.

Plusieurs options pour la piste, l’aérogare et les vols de nuit

La DGAC (Direction générale de l’aviation civile) a proposé cinq scénarios à ce sujet : une simple rénovation de la piste actuelle, avec des travaux limités mais ne faisant que repousser la menace de saturation ; un allongement de la piste vers Saint-Aignan-de-Grand-Lieu au sud, soit de 400 mètres, soit de 800 mètres ; la création d’une seconde piste en V (par rapport à la piste actuelle), qui impacterait surtout les habitants du sud Loire ; enfin, la création d’une nouvelle piste transversale est-ouest, très coûteuse et contraignante au niveau écologique.

Le projet devra également trancher les questions d’un éventuel couvre-feu entre minuit et 6h – en clair, une interdiction des vols de nuit – et de l’aérogare. Sur ce dernier point, deux hypothèses sont avancées : la modernisation de l’aérogare actuelle ou la construction d’une nouvelle aérogare à l’ouest de la piste.

Si l’incertitude règne sur la plupart des options, on sait en revanche que le gouvernement exclut l’idée d’un nouveau transfert de l’aéroport, pourtant plébiscité par une majorité de riverains. Et une chose est sûre : quel que soit le choix de l’État, il ne fera pas que des heureux…