Aéroport de Nantes : Avant la décision de l’État, les opposants au réaménagement jouent leur dernière carte

AÉROPORT Le Coceta croit savoir quel scénario sera retenu par le gouvernement, qui doit dévoiler son choix à la fin octobre

Manuel Pavard

— 

Un panneau du Coceta, collectif de riverains de l'aéroport de Nantes dénonçant les nuisances sonores aériennes.
Un panneau du Coceta, collectif de riverains de l'aéroport de Nantes dénonçant les nuisances sonores aériennes. — SEBASTIEN SALOM GOMIS / SIPA
  • L’Etat doit rendre sa décision d’ici à la fin octobre pour le projet de réaménagement de l’aéroport de Nantes.
  • Un collectif de riverains partisans du transfert affirme, sur la base de déclarations du sous-préfet, que le gouvernement aurait choisi le scénario d’une deuxième piste en V, qui impacterait surtout le sud Loire et la ville de Rezé.
  • Aucune information n’a encore été annoncée officiellement et toutes les options sont encore plausibles.

À une semaine de l’annonce du choix du gouvernement quant au projet de réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique, les spéculations sont nombreuses. Lors de la concertation publique, plusieurs options ont en effet été envisagées, notamment concernant les évolutions des pistes. Des scénarios ayant chacun des conséquences variables pour les riverains, qui mènent la fronde depuis de longs mois face aux nuisances sonores aériennes.

Ce mercredi matin, le Coceta (Collectif des citoyens exposés au trafic aérien) avait convié les journalistes dans un restaurant de Rezé (Loire-Atlantique) pour, disait-il, leur « communiquer des éléments » à ce sujet. Un vrai « teasing » qui laissait présager des révélations importantes. D’emblée, Joël Sauvaget, président du Coceta, semble ainsi confirmer les attentes en affirmant : « Nous allons vous dire, avant même que le gouvernement ne l’annonce officiellement, quel projet de réaménagement a été retenu pour l’aéroport Nantes-Atlantique. »

Pour le Coceta, l’option choisie serait une deuxième piste en V

Une annonce alléchante qui n’a pas tenu toutes ses promesses. Car il s’agit en réalité d’interprétations faites à partir d’une interview du sous-préfet Baptiste Mandard, le 9 octobre dernier sur France 3. « Le trafic et l’activité de l’aéroport continuent [durant les travaux] », indique d’abord le sous-préfet. Déduction du Coceta : « S’il n’y a pas de fermeture de l’aéroport pendant les travaux, il ne reste que deux options possibles : la piste transversale et la piste en V. »

L'une des options serait de construire une seconde piste orientée vers le sud-ouest.
L'une des options serait de construire une seconde piste orientée vers le sud-ouest. - DGAC

Les trois autres scénarios proposés – la rénovation de la piste actuelle et son allongement de 400 ou 800 mètres – nécessiteraient en effet une fermeture de l’équipement pour la durée du chantier. Une nouvelle piste serait ainsi construite afin de ne pas interrompre le trafic aérien.

Pour trancher entre les deux dernières hypothèses, le collectif s’appuie sur la seconde déclaration de Baptiste Mandard, qui évoque « la fin des travaux en 2025 ». Un calendrier qui exclurait la piste transversale, un tel projet n’étant « pas envisageable dans ce délai », selon les opposants. Conclusion du Coceta : l’option choisie serait donc la création d’une deuxième piste en V (par rapport à la piste actuelle), inclinée vers le sud-ouest.

Le sud Loire et la ville de Rezé impactés ?

« Ce scénario, c’est la double peine, déplore Eric Aïtkaci, responsable de la commission technique du Coceta. On maintient les nuisances et de nouvelles populations sont impactées, à commencer par la ville de Rezé. » Si un tel projet épargnerait en partie le centre de Nantes, il toucherait en revanche l’est de l’agglomération et le sud Loire, survolés par les avions en phase d’atterrissage.

« Si une de ces deux options est retenue [piste en V ou piste transversale], on en prend pour 50 ans et on atteindra les 18 millions de passagers en moins de 20 ans », fulmine Joël Sauvaget, qui rappelle que les adhérents du collectif étaient « pour le transfert ».

Alors, que penser de ces déductions des riverains, effectuées sur la base de déclarations isolées du sous-préfet ? Raisonnement logique ou élucubrations ? L’État doit rendre ses arbitrages à la fin octobre sur ce dossier hautement sensible.