Nantes : Au château, une visite (enfin) dédiée au monument au temps d’Anne de Bretagne

PATRIMOINE Un nouveau parcours de visite permet d'en savoir davantage sur le château et la façon dont Anne de Bretagne y vivait au 15e siècle

Julie Urbach

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Le château des ducs de Bretagne
Le château des ducs de Bretagne — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le château des ducs de Bretagne a mis au point un nouveau parcours de visite de son musée d'histoire.
  • Une façon de répondre aux nombreuses questions des visiteurs, curieux d'en connaître plus sur le monument en lui même, et son usage.

Les touristes ou nouveaux habitants sont parfois surpris, voire un peu déçus. A Nantes, la visite du château ne se déroule pas comme à Chambord ou à Chenonceau. Ici, si l’on peut parcourir librement la cour et les remparts, pas de lit à baldaquins ni de cuisine reconstituée à l’horizon. A l’intérieur du château des Ducs de Bretagne, qui figure malgré tout sur le podium des monuments les plus fréquentés de la ville, c’est en fait le musée d’histoire de Nantes, du 15e siècle à nos jours, que l’on découvre.

Depuis peu, la situation a (enfin) changé. « Il fallait répondre à la demande du public, qui posait beaucoup de questions sur le monument et son organisation », rapporte Lydia Labalette, chargée d’exploitation du château. Un parcours de visite autour de la vie au château sous Anne de Bretagne, « simple et très clair », a donc été imaginé. Dans 17 salles du musée, les visiteurs peuvent ainsi se téléporter six siècles dans le passé en essayant d’oublier les rénovations, grâce à des pancartes illustrées.

Dans les salles, une fiche explique ce qu'il s'y passait au XVe siècle
Dans les salles, une fiche explique ce qu'il s'y passait au XVe siècle - J. Urbach/ 20 minutes

Chambres de tir, cuisine, salle de bal…

Si ces informations n’étaient pas disponibles avant, c’est que la connaissance du monument est encore très limitée. « En 2007, à l’ouverture du musée, on n’avait que très peu d’éléments, explique Bertrand Guillet, le directeur. Grâce à des rapports, l’intervention de spécialistes, mais aussi des fouilles archéologiques, on a pu mettre en exergue les différentes étapes de sa construction. On en connaît aussi davantage sur l’usage qu’en avait Anne de Bretagne. »

Le long du parcours (de 30 minutes à 1h30, selon le temps dont on dispose), conçu comme une journée au château, on suit la reine lors des repas (elle aimait beaucoup les huîtres), des fêtes, ou pendant ses moments de tranquillité. La première étape commence à 5h dans ce qui était la salle de garde, où le public peut découvrir l’une des nombreuses chambres de tir, aménagées dans l’épaisseur des murailles. « Il pouvait y avoir jusqu’à 200 hommes ici, et jusqu’à 80 canons pour défendre le château », raconte la fiche.

Bientôt la réalité augmentée

Au fur et à mesure, le public est invité à se représenter les anciennes salle de bal, chambre de Charles VIII, ou encore l’entrée des cuisines. « C’est au château de Nantes que François Ier a décidé de leur donner autant de place, puis de dupliquer cette idée dans les châteaux de la Loire, détaille Bertrand Guillet. Le service de bouche commençait dès 6h pour assurer les deux repas quotidiens, le dîner du midi et le souper du soir, sans oublier les nombreuses collations. »

La vie d’Anne de Bretagne devrait devenir encore plus « réelle » au printemps, puisque le château travaille sur un outil de numérisation 3D, qui devrait être proposé au public au mois de mai. A plus long terme, le monument espère carrément pouvoir mettre au point un système de réalité augmentée pour une immersion encore plus facile dans les décors du passé.

Plein tarif : 8 euros.