Au sein du centre de supervision urbain de Nantes métropole.
Au sein du centre de supervision urbain de Nantes métropole. — L.Venance/AFP

SECURITE

Nantes : Agents « stressés » et « fatigués », la grève se prolonge au PC des caméras de la métropole

Le mouvement de grève, qui perturbe le fonctionnement du centre, a démarré le 20 septembre

  • Le centre de supervision urbain de Nantes métropole a ouvert ses portes en avril 2018.
  • Près de 140 caméras positionnées sur la voie publique sont exploitées.
  • Les agents grévistes évoquent un travail pénible et stressant.

Ils voient passer des milliers de personnes chaque jour mais exercent un métier invisible. Dix-huit agents, dont quinze opérateurs, travaillent au centre de supervision urbain (CSU) de Nantes métropole. Ouvert en avril 2018, ce local sécurisé gère aujourd’hui près de 140 caméras de vidéoprotection installées sur la voie publique, dont 105 sur le seul territoire nantais. Une trentaine de caméras supplémentaires s’y ajouteront d’ici début 2020.

Pas de quoi réjouir les salariés lesquels dénoncent un « stress », un « malaise » et une « pénibilité » liés à leurs tâches. Une majorité d’entre eux est en grève depuis le 20 septembre. Objectif : obtenir une augmentation de salaire et des plannings mieux adaptés à leurs horaires atypiques. Le CSU fonctionne en effet 24h/24, tous les jours.

Personne pendant plusieurs heures

« Les agents sont assis huit heures d’affilée dans la même position, sans lumière naturelle, les yeux rivés sur de multiples écrans et ils doivent rester parfaitement concentrés, expose Grégory Berlouin, secrétaire du syndicat SUD. Ils doivent aussi encaisser des images sans filtre, parfois choquantes. Quand il y a des agressions, des manifestations violentes, c’est une source d’anxiété importante. » Le syndicaliste ajoute une « pression du résultat » venue de l’encadrement. « On nous demande de formuler de plus en plus de signalements. Mais on ne peut pas voir tous les faits, ni en inventer. »

Le mouvement de grève a été reconduit cette semaine, « sans véritable dialogue avec la direction ». Des absences qui affectent forcément le fonctionnement du CSU. « Les derniers week-ends, il n’y avait personne pendant plusieurs heures », assure Grégory Berlouin. L’adjoint au maire en charge de la sécurité à la ville de Nantes, Gilles Nicolas, ne nie pas les tensions actuelles mais considère que « le système fonctionne » malgré tout. « La police nationale peut avoir accès aux caméras si nécessaire. Et si la justice a besoin des images, elles lui sont transmises. »

Sur le fond de la grève, Gilles Nicolas rappelle que les conditions de travail « ont été négociées l’année dernière à l’ouverture du CSU ». « Il y a peut-être des ajustements à faire mais, globalement, les rythmes de travail sont respectés. Cet outil a fait la preuve de son efficacité. Le service public doit rester opérationnel. »

Quel bilan pour les caméras?

Depuis le 1er janvier, le centre de supervision urbain de Nantes métropole a signalé 576 faits, dont 454 à la police nationale. Pas moins de 466 extractions d'images ont été transmises à la demande de la justice ou de la police nationale. Et 16 pré-rapports d'enquête ont été effectués. « Le CSU a fait ses preuves, à la fois en termes de prévention que de résolution des affaires, indique Gilles Nicolas. Mais la sécurité à Nantes ne se résume pas aux caméras. Ce n'est qu'un outil parmi d'autres. »