Nantes : La facture de l’Arbre aux hérons fait tousser

CULTURE Les études de l’ambitieux projet seront plus chères que prévu. Et le budget global pourrait être dépassé

Frédéric Brenon
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La maquette du projet d'Arbre aux hérons, dans la Galerie des machines.
La maquette du projet d'Arbre aux hérons, dans la Galerie des machines. — J.Urbach/20Minutes
  • Nantes métropole a voté ce vendredi une subvention supplémentaire pour les études de l'Arbre aux hérons.
  • La construction de nouvelles créatures mécaniques a également été approuvée par les élus.
  • Le budget global de 35 millions d'euros pourrait être dépassé.

Si le Jardin extraordinaire a ouvert ses portes le week-end dernier à Nantes, l'ouverture de l'ambitieux projet d’Arbre aux hérons, elle, est attendue pour 2023. Des études de faisabilité ont déjà débuté sur le site de la carrière Miséry. Mais d’autres sont nécessaires. Et ce vendredi, les élus de Nantes métropole ont voté une subvention de 1,5 million d’euros supplémentaires, portant l’enveloppe globale des études à environ 4,5 millions. Cette rallonge vise à « confirmer les caractéristiques techniques de l’Arbre au regard du « caractère unique et inédit de cette œuvre d’art implantée dans un jardin public ».

En parallèle, le conseil métropolitain a également autorisé ce vendredi une dépense de 3 millions d’euros pour la réalisation d’animaux mécaniques appelés à rejoindre le futur arbre. Il s’agit de financer un « couple d’oiseaux de paradis » et, surtout, un héron géant. Livré en 2021, cet énorme volatile qui pourra transporter des oassagers sera installé dans un premier temps près des Nefs, sur un bras mécanique, et permettra de réaliser des tests de vols à 5 mètres de hauteur. « Ces premiers vols pourront être découverts par le public en avant-première », indique Nantes métropole

L’opposition et les Verts s'inquiètent

Ces deux dernières dépenses doivent théoriquement intégrer le budget global de l’Arbre aux hérons. Son montant s’élève officiellement à 35 millions d’euros. Mais, selon des sources concordantes, le chiffre est périmé et il pourrait être revu à la hausse. Dans quelles proportions ? Les études ont aussi pour but de préciser ce point ô combien important.

Ce flou suscite en tout cas l’exaspération de l’opposition nantaise, laquelle craint que l’Arbre aux hérons ne devienne « l’Arbre aux millions ». « Ni la faisabilité technique, ni la faisabilité financière du projet ne sont assurées aujourd’hui. Nous demandons un état des lieux détaillé du financement à date », s'alarme Laurence Garnier (LR). Les élus écologistes expriment aussi leurs doutes. « On ne sait donc pas s'il s'agit de s'engager sur un projet à 35 millions, à 40, 45 ou davantage? Et qui paiera, en dehors des collectivités? » s'inquiète Julie Laernoes (EELV). Elle ajoute: « Nous avons besoin d'arbres, oui, mais pas d'un arbre en métal enfoncé dans du béton ».

Le département apporte 6 millions d’euros au pot

Le projet a tout de même reçu une bonne nouvelle jeudi : le conseil départemental de Loire-Atlantique a annoncé qu’il participerait au financement à hauteur de 6 millions d’euros. Ce qui porte donc à 22 millions la contribution actée des collectivités locales (12 millions de Nantes métropole, 4 millions de la région, 6 millions du département).

« Il faut ajouter 5 millions de promesses de dons venant du privé, avance Johanna Rolland, présidente de Nantes métropole. Au total, nous avons donc déjà mobilisé 27 millions d’euros. » « En l’état, la balance penche encore lourdement du côté des financements publics, loin des bonnes intentions de la présidente de Nantes métropole », critique Laurence Garnier.

Pour rappel, le financement de l’Arbre aux hérons devait se diviser en trois parties égales d’environ 12 millions d’euros : un tiers de la métropole, un tiers des acteurs publics et un tiers des acteurs privés. Le compte n’y est pas encore. Et 2023 approche déjà à grands pas.